Suite Sommet Afrique-France :  "Il y a un travail qui va se mettre en œuvre assez rapidement..." -

Par Lilianne Nyatcha / Africa Radio Paris

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À l’issue du sommet Afrique-France tenu début octobre dernier à Montpellier avec des jeunes africains, le président Macron avait fait d’importantes annonces pour « consolider » de bons rapports avec le continent africain. Il avait notamment évoqué la création de « la maison des mondes africains et des diasporas ». Où en sont-ils avec ces projets ? Sylvain Itté, envoyé spécial pour la diplomatie publique en Afrique au ministère français des affaires étrangères des précisions.

Quels sont les actes concrets qui ont été depuis posés dans le cadre de la mise en œuvre de ces annonces ?

Avant tout, on a la création d'un lieu qui pourrait aider au rassemblement des diasporas et des mondes africains en France et aider justement à plus de communication, plus d'interactions. Il y a une initiative que je suis en partie en charge de porter sous la conduite politique également de Elisabeth Moreno, la ministre déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l'Égalité des chances. Il y a un travail qui va se mettre en œuvre assez rapidement, début du mois de décembre.

Le président va annoncer la mise en œuvre d'une commission de préfiguration qui sera composée de personnalités de la diaspora mais également des gens provenant des différents ministères qui travailleront dans un premier temps à l'édification de la structure et de l'architecture de cette institution. Car il faut identifier un lieu, un statut, c'est à dire est-ce que ce sera une fondation ou un institut ou même un établissement public ? Quel cadre d'organisation juridique et institutionnel ? Comment sera-t-il financé ? Des financements publics ? Privés ? Les deux ? Y aura-t-il des financements de pays africains ? Voilà toutes les questions qui seront traiter. 

Et quel est le profil des personnes qui pourraient faire partie de cette maison des mondes africains et des diasporas ?

Difficile à vous dire à ce stade-là. Il y aura un comité scientifique qui sera mis en place en parallèle de la fin de la mission de préfiguration avec des personnalités africaines qui sont en train d'être identifiées. 

Concrètement. Y aura-t-il un appel à candidatures ou des personnes seront-elles ciblées par les autorités françaises ? Comment seront-elles choisies ?

Elles seront choisies par le président de la république et par le gouvernement par désignation. Encore une fois, nous sommes dans un cas de structure institutionnelle qui n’existe pas encore. Il s’agit pour l’instant de concertation.

Autre annonce, c'est la création du fonds de l’Innovation pour la démocratie à hauteur de 30 millions d'euros sur trois ans en faveur de ceux que vous avez appelé "les acteurs du changement sur les questions de gouvernance et de démocratie". Quel est réellement l'objectif et sur quels critères les bénéficiaires seront-ils désignés ?

L'idée n'est pas d'organiser comme certains ont pu le penser, des oppositions aux gouvernement. Non pas du tout. L'idée c'est de donner par un mécanisme moins lourd et moins bureaucratique que ce qui existe à travers les différentes agences de coopération, que ce soit l’AFD ou autre. C’est de donner les moyens à la société civile et aux acteurs du changement positif.

…Qui seront identifiés par la France ?

Non, justement tout ça n'est pas encore défini. C’est un projet qui tend à consolider. Ce que le président a précisé c'est que ce fonds ne sera pas géré par la France. Ce ne sera donc pas une administration française qui va décider d’en assurer la gestion. Les services français ne seront pas totalement exclus, sinon il y aurait quand même un certain paradoxe. Mais ils ne seront pas les seuls à décider. D’ailleurs, il y a des réunions qui se tiennent à Pretoria et vont discuter de qui en assurera la gouvernance. 

L'idée c'est véritablement que les sociétés civiles puissent s'emparer de la gestion de ces fonds à travers des représentants qui seront chargés d’alimenter des projets qui, encore une fois ne sont pas destinés à être autre chose que le renforcement de la société civile et des sociétés civiles et des milieux associatifs en Afrique et en France.

Décryptage Sylvain Itté