Tanzanie: un deuxième journal suspendu en deux mois

5 septembre 2021 à 22h06 par AFP

AFRICA RADIO

Le gouvernement tanzanien a suspendu dimanche pour 30 jours un hebdomadaire privé, coupable d'avoir lié au parti au pouvoir un "terroriste" ayant abattu en août quatre personnes à Dar es Salaam.

Gerson Msigwa, porte-parole du gouvernement, a indiqué dans un communiqué que le journal Raia Mwema était suspendu pour avoir de façon répétée publié de fausses informations et violé la législation et l'éthique journalistique. Il a notamment cité un article publié vendredi dans lequel Raia Mwema établit un lien entre Hamza Mohamed, qui a tué le 25 août trois policiers et un garde de sécurité privée dans le quartier des ambassades de la capitale économique tanzanienne, et le Chama Cha Mapinduzi (CCM), le parti de la présidente Samia Suluhu Hassan. La police avait affirmé que l'assaillant s'était radicalisé sur internet. "Il s'agit d'une violation des conditions de la licence de publication et une menace pour la sécurité nationale, via la promotion d'informations qui créent de la haine parmi les communautés", a expliqué M. Msigwa dans le communiqué. En août, le gouvernement avait suspendu pour 14 jours un journal détenu par le CCM, pour avoir publié d'un article jugé "faux", affirmant que la présidente Samia Suluhu Hassan ne prévoyait pas de se représenter lors de la prochaine présidentielle de 2025. C'était alors la première fois qu'une telle décision était prise contre un média depuis l'arrivée au pouvoir de la présidente Hassan, à la suite du décès en mars de son prédécesseur John Magufuli. La Tanzanie de M. Magufuli était marquée par une politique autoritaire, particulièrement rude envers les médias, les critiques et, plus généralement, la liberté d'expression. Peu après son arrivée, Mme Hassan a, elle, promis de défendre libertés et démocratie. Mais l'espoir d'un renouveau politique dans ce pays a été affecté par de récentes arrestations d'opposants, dont celle du président du parti d'opposition Chadema, Freeman Mbowe, poursuivi pour "terrorisme".