Togo: liberté provisoire pour deux journalistes écroués

Par AFP

AFRICA RADIO

Deux journalistes togolais critiques du pouvoir, écroués à la prison civile de Lomé depuis le 24 décembre notamment pour "outrage à l'autorité", ont été remis vendredi soir en liberté provisoire, a indiqué à l'AFP leur avocat.

Ferdinand Ayité et Joël Egah, respectivement directeurs de publication du bihebdomadaire L'Alternative et de l'hebdomadaire Fraternité, avaient été arrêtés le 10 décembre après des plaintes de deux ministres pour des propos tenus dans une émission diffusée sur Youtube. "Les deux journalistes ont bénéficié ce vendredi d'une liberté provisoire, à la suite d'une troisième demande que nous avons introduite", a déclaré à l'AFP Me Elom Kpadé. "Mais ils sont placés sous contrôle judiciaire", a-t-il précisé. M. Ayité et M. Egah sont tous deux poursuivis pour "outrage à l'autorité" et "propagation de propos mensongers sur les réseaux sociaux". Un troisième journaliste, qui avait également participé à l'émission, était déjà placé sous contrôle judiciaire. Selon le procureur de la République Talaka Mawama, ces journalistes sont poursuivis "sur la base du code pénal", leurs propos ayant été tenus sur un réseau social. Or, ce "moyen de communication est exclu du champ d'application de la loi relative au code de la presse et de la communication", avait-il expliqué le 15 décembre à la télévision nationale. Deux jours plus tôt, Amnesty International avait déjà dénoncé la "détention arbitraire" des deux hommes de presse et exigé leur libération "immédiate", dénonçant "une détention arbitraire" et "une atteinte à la liberté d'expression". Des organisations locales de défense des droits de l'homme et des partis d'opposition ont également appelé ces derniers jours à libérer les deux journalistes. L'Alternative et Fraternité sont des journaux critiques vis-à-vis du pouvoir. L'Alternative avait été suspendu en février pour quatre mois dans un dossier impliquant l'actuel ministre de l'Urbanisme Koffi Tsolenyanu. En mars 2020, ce journal avait été sanctionné de deux mois de suspension après une plainte de l'ancien ambassadeur de France au Togo, Marc Vizy. Le journal Fraternité a été également suspendu en mars 2020 pour deux mois, à la suite d'un article dénonçant la suspension de deux autres journaux.