Tunisie: l'ex-cheffe du cabinet présidentiel condamnée par contumace

AFRICA RADIO

17 janvier 2023 à 13h06 par AFP

L'ancienne cheffe du cabinet présidentiel en Tunisie a été condamnée mardi par contumace à 14 mois de prison en lien avec des enregistrements sonores contenant des propos désobligeants envers le président Kais Saied, selon les médias.

Une série d'enregistrements sonores attribués à Nadia Akacha évoquant les coulisses du Palais et des rencontres du président Saied avec des dignitaires étrangers avaient été massivement partagés sur les réseaux sociaux en avril 2021, défrayant la chronique en Tunisie. Ces enregistrements avaient été diffusés trois mois après la démission de Mme Akacha de son poste après avoir été la plus proche collaboratrice du président pendant deux ans. Mme Akacha avait nié les propos qui lui étaient attribués et qui comportaient aussi des potins sur le président et sa belle-famille. Le parquet de Tunis avait ouvert une enquête début mai pour déterminer l'authenticité de ces enregistrements. Poursuivie par la belle-soeur du président mise en cause dans ces enregistrements, M. Akacha, qui a quitté la Tunisie après sa démission, a été condamnée mardi par contumace à 14 mois de prison par le tribunal de première instance de Tunis, selon plusieurs médias tunisiens. Juriste de formation, Mme Akacha avait été nommée conseillère juridique au sein du cabinet présidentiel fin 2019 avant de devenir en janvier 2020 la directrice du cabinet du président Saied. Elle l'accompagnait dans tous ses déplacements, en Tunisie comme à l'étranger. Elle avait annoncé sa démission en invoquant des "divergences fondamentales de points de vue, en relation avec l'intérêt" du pays. Selon les médias, elle s'est installée en France après avoir quitté son poste. Après des mois de blocage politique, M. Saied, élu fin 2019, s'est arrogé les pleins pouvoirs fin juillet 2021 en limogeant le Premier ministre et en suspendant le Parlement, avant de le dissoudre en mars 2022. Ses détracteurs l'accusent d'instaurer une nouvelle autocratie dans le pays qui fut le berceau du Printemps arabe en 2011.