Un ministre français bat en brèche la "rumeur" sur le trafic de crack sénégalais

AFRICA RADIO

20 décembre 2022 à 15h21 par AFP

Le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin a dit mardi à Dakar, en présence de son homologue sénégalais, vouloir couper court à la "rumeur" sur un intense trafic de drogue entre les deux pays.

Son collègue sénégalais Antoine Félix Abdoulaye Diome a parlé pour sa part de question "vraiment marginale" et s'est élevé contre les "clichés" véhiculés sur la part prise par ses compatriotes au trafic de drogue, en particulier de crack à Paris. "Nous constatons - et je pense c'est un point de vue partagé dans le renseignement - qu'il n'y a pas, en tout cas pas dans des quantités très importantes, de drogue qui circule entre le Sénégal et la France", a dit M. Darmanin devant la presse après des entretiens avec son homologue lors d'une visite de 24 heures chez cet allié traditionnel de la France. "Nous ne constatons pas l'arrivée de trafic constitué entre le Sénégal et la France, je voudrais couper court à cette rumeur", a-t-il dit. "Mais nous devons davantage discuter sur les quelques personnes - il ne s'agit vraiment que de quelques personnes - qui participent à des trafics, notamment à Paris", a-t-il dit tout en affirmant que Paris et Dakar avaient déjà "une excellente coopération" sur le sujet. Le trafic et la consommation de crack à Paris sont un dossier fortement médiatisé en France. M. Darmanin a demandé en juillet que le crack, un dérivé fumable et très addictif de la cocaïne baptisé "drogue du pauvre" en raison de son coût (10 euros la dose) - soit éradiqué de Paris "d'ici un an". L'implication de Sénégalais a été rapportée dans différents médias. Le politicien français Eric Zemmour, candidat à la présidentielle de 2022, avait déclaré en mai 2021 que "tous les trafiquants de crack (étaient) Sénégalais" à Paris. "Il se peut qu'il y ait des Sénégalais vivant en France qui sont poursuivis pour certaines infractions comme il se peut qu'il y ait des Français vivant au Sénégal poursuivis pour des infractions de cette nature", a dit M. Diome. "C'est une question vraiment marginale par rapport à nos discussions, mais même par rapport à l'ampleur du phénomène des trafics qui peuvent avoir lieu au Sénégal ou en France. Il y a souvent des clichés qu'il faut casser", a-t-il dit.