Une experte de l'ONU appelle à lever les sanctions contre le Zimbabwe, qui aggravent la crise

Par AFP

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Les sanctions visant des responsables et des institutions du Zimbabwe devraient être levées car elles aggravent les problèmes socio-économiques des habitants de ce pays d'Afrique australe, a estimé jeudi une experte de l'ONU.

De nombreuses sanctions - dont certaines ont déjà été levées ces dernières années - ont été imposées au cours des 20 dernières années en raison de violations de droits humains sous la présidence de feu Robert Mugabe, père de l'indépendance en 1980, qui n'a quitté le pouvoir qu'en 2017. Imposées essentiellement par les Etats-Unis, mais aussi par l'Union européenne ou le Royaume Uni, elles visent notamment des responsables politiques et du gouvernement et des entreprises contrôlées par l'Etat, via des gels d'avoirs ou des interdictions de voyager. "Au cours des 20 dernières années, les sanctions et diverses formes de respect outrancier des sanctions ont eu des répercussions insidieuses sur l'économie du Zimbabwe et sur la jouissance des droits humains fondamentaux, dont l'accès à la santé", juge Alena Douhan, rapporteure spéciale de l'ONU sur les mesures coercitives unilatérales, après une visite de 10 jours sur place à l'invitation d'Harare. Pour éviter tout risque d'enfreindre le régime des sanctions, passible de pénalités financières, 87 banques étrangères ont quitté le pays depuis 2001, selon elle. "Le respect outrancier (du régime de sanctions) par les banques et entreprises de pays tiers ont généré des problèmes croissants pour transférer ou recevoir de l'argent lors de transactions impliquant des personnes physiques ou morales du Zimbabwe", ajoute-t-elle citant des fermetures de comptes dans des banques étrangères, l'augmentation des délais et des coûts des virements bancaires ou la nécessité d'effectuer des transactions via des citoyens de pays tiers. "Les Etats-Unis et les autres Etats devraient lever leurs sanctions ciblant des individus et des entités", estime Mme Douhan. "Le moment est venu pour les Etats imposant des sanctions et pour les acteurs-clés au Zimbabwe d'entamer un dialogue sincère et structuré sur les réformes politiques, les droits humains et l'Etat de droit, et de cesser d'utiliser la rhétorique des sanctions comme outil politique". Durant sa visite, la rapporteure spéciale s'est entretenue avec des responsables du gouvernement, de partis politiques, de la société civile et avec des militants de défense des droits, ainsi qu'avec des représentants des syndicats, du secteur des affaires et des banques. strs-sn/pbr/ayv/blb