Crise climatique, sécuritaire et alimentaire en Afrique : « On est punis ! », Mohamed Bazoum

Crise climatique, sécuritaire et alimentaire en Afrique : « On est punis ! », Mohamed Bazoum
Crise climatique, sécuritaire et alimentaire en Afrique : « On est punis ! », Mohamed Bazoum
Crédit: Crise climatique, sécuritaire et alimentaire en Afrique : « On est punis ! », Mohamed Bazoum

15 juin 2022 à 19h23 par Karidja Konaté Abidjan

« On ne nous permet pas d’utiliser nos ressources naturelles alors qu’elles ne sont pas en porte-à-faux avec nos réalités et qu’on n’a pas un grand accès aux financements pour résister », c’est la déclaration du président du Niger, Mohamed Bazoum à l’occasion du panel de clôture de la 8ème édition du Africa Ceo Forum à Abidjan. Il a porté sur les mécanismes de résilience du continent face au covid-19 et impacts économiques du conflit russo-ukrainien.

Aux côtés du vice-président de la Côte d’Ivoire, Tiémoko Meyliet Koné, le président Mohamed Bazoum de la république du Niger et son homologue Macky Sall du Sénégal ont pris part à Abidjan à un panel de réflexions sur les solutions de l’Afrique face à ses défis. Table-ronde face aux décideurs du secteur privé, ces gouvernants ont exposé les défis de leurs pays avec leurs politiques de développement. Facteurs communs, la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Niger font face au réchauffement climatique, à une crise économique et alimentaire sans précédents.

Dernièrement reliée aux effets de la guerre en Ukraine, le président Sall a signifié que la crise alimentaire qui gangrène le continent est de longue date. Pour lui, c’est une conséquence des pratiques agricoles prisées en Afrique. « On pratique la monoculture, nos terres sont fatiguées de produire chaque jour les mêmes choses et elles ne répondent plus. Alors que les changements climatiques ne nous permettent pas non plus trop de prévoir les saisons depuis longtemps et qu’on est dépendant de l’activité pluviale », a-t-il diagnostiqué.

Pour sa part, le président Bazoum du Niger a dressé un tableau quelque peu sombre de son pays. « Le Niger est le plus sahélien de tous les pays sahéliens. On a le désert, on n’a pas une agriculture développée et on ne peut pas faire beaucoup de type d’élevage du fait de notre condition climatique », a-t-il exprimé. L’accès à l’eau est également une problématique au Niger, autant que la désertification. C’est pour quoi le gouvernement active kyrielle de politiques à ces problématiques, notamment à travers un programme d’urgence qui secoure quelques 4,5 millions de personnes en détresse alimentaire dans le pays.

S’agissant de l’engagement des pays dans la lutte contre le réchauffement climatique, le président Macky Sall, a soutenu que les accords sur le climat font quelque peu une contrainte à une Afrique en marche vers son développement. Il a déclaré qu’il est incompréhensible que « des pays qui exploitent nos ressources depuis plus d’un siècle ne nous permettent pas de valoriser ces mêmes ressources qui nous appartiennent comme le pétrole, le fiol, le charbon etc ». Pour lui qui porte aussi le standard de l’Union africaine, il faut arriver à une justice environnementale qui tienne compte des différences de contexte.

Autre fait de mécontentement pour le président : la sécurité et l’agriculture sont son sous-financées en Afrique. « Quand il s’agit de l’Asie, il y a des coalitions de financement mais lorsqu’il s’agit de l’Afrique, on n’en voit que très peu », a-t-il décrié. Pour lui, les Nations Unies qui ont à charge d’assurer la paix et la sécurité dans le monde devront consacrer davantage d’intérêt aux problématiques du continent. Un appel a par ailleurs été lancé aux décideurs du secteur privé quant au solutionnement de ces problématiques.