Bissau: la majorité parlementaire désigne son chef pour "l'intérim" du chef de l'Etat

27 juin 2019 à 14h30 par AFP

AFRICA RADIO

L'Assemblée nationale de Guinée-Bissau a adopté jeudi une résolution autorisant son président, Cipriano Cassama, à assurer "l'intérim" du chef de l'Etat, José Mario Vaz, dont le mandat de cinq ans a expiré le 23 juin, lors d'une réunion d'urgence en l'absence de l'opposition, a rapporté un journaliste de l'AFP.

La prochaine élection présidentielle est prévue le 24 novembre en Guinée-Bissau, après les législatives du 10 mars remportées par le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), formation historique qui a conduit cette ex-colonie portugaise à l'indépendance. Ce parti et ses trois formations alliées contrôlent une majorité de 54 sièges sur 102 à l'Assemblée nationale contre 48 pour l'opposition représentée par le Madem, formé de députés frondeurs du PAIGC, et le Parti pour la rénovation sociale (PRS).Le président Vaz a reconduit samedi son Premier ministre, Aristide Gomes, un membre du PAIGC, après avoir pendant plusieurs semaines refusé de nommer à ce poste le chef de cette formation, Domingos Simoes Pereira, avec qui il est en conflit. La crise entre les deux hommes avait éclaté en août 2015 avec le limogeage par M. Vaz de M. Pereira, qui était alors son Premier ministre. M. Vaz a ensuite été exclu du PAIGC."54 voix pour, zéro abstention, la motion est adoptée à l'unanimité", a déclaré le président de l'Assemblée, Cipriano Cassama, à l'issue d'une réunion d'urgence, en l'absence des députés de l'opposition, le Madem et le PRS.Après l'expiration du mandat du président Vaz, le PAIGC affirme ne plus reconnaître la légitimité de ce dernier. Son chef, M. Pereira, a annoncé mardi qu'il engagerait un bras de fer avec la présidence."C'est un cirque qui ressemble à une provocation. Si le PAIGC et ses alliés veulent aller au pouvoir, qu'ils passent par des voies légales", a déclaré le secrétaire permanent du Madem, Abel Gomes.La présidence de la République n'a pas encore réagi dans l'immédiat.Passé le délai du 23 juin, le pays doit être en affaires courantes jusqu'à la présidentielle du 24 novembre et le président sera privé de certaines prérogatives, dont celles de nommer un Premier ministre ou de dissoudre le Parlement, selon un constitutionnaliste.Par ailleurs, le chef du PAIGC, M. Pereira, avait accusé mardi le président du Sénégal, Macky Sall, de "complot" mené avec son homologue bissau-guinéen, M. Vaz, pour "maintenir" ce dernier "au pouvoir (et) lui permettre de former son propre gouvernement avec un Premier ministre qu'il aurait lui même choisi".