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Ethiopie: Abiy attribue de récentes violences à des combattants entraînés au Soudan

19 octobre 2020 à 15h22 Par AFP
Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a appelé lundi Khartoum à stabiliser la région frontalière soudanaise du Nil-Bleu, où selon lui sont entraînés et armés des combattants impliqués dans des attaques de civils dans l'Ouest de l'Ethiopie. Jusqu'ici les autorités d'Addis Abeba s'étaient peu exprimées sur les moteurs de la violence dans l'Etat éthiopien de Benishangul-Gumuz, que des dirigeants de l'opposition ont attribués à des facteurs ethniques.Au moins 12 personnes ont été tuées la semaine dernière dans une attaque dans la zone de Metekel et 15 fin septembre dans une attaque similaire."Dans l'Etat du Nil-Bleu, des centaines de personnes reçoivent un entraînement et des armes modernes", a affirmé lundi M. Abiy aux parlementaires éthiopiens."Alors que des mesures successives ont calmé la situation" dans le Benishangul-Gumuz, les assaillants traversent la frontière "vers l'Etat du Nil-Bleu et quand tout est calme et que les gens se reposent sur leurs lauriers, ils reviennent", a-t-il poursuivi.L'armée soudanaise combat depuis 2011 au Nil-Bleu des groupes rebelles dont plusieurs ont signé début octobre un accord de paix avec Khartoum.Rétablir la paix "ne nécessite pas seulement beaucoup d'efforts de notre part, mais aussi du gouvernement de l'autre côté de la frontière", a estimé le Premier ministre éthiopien.Des hommes politiques d'opposition - surtout issus de la communauté amahra, le deuxième groupe ethnique du pays - tirent depuis des semaines le signal d'alarme sur ce qu'ils qualifient de campagne ciblée menée par des milices ethniques gumuz contre les Amhara et les Agew vivant dans la zone de Metekel.Selon eux, plus de 150 civils ont péri dans ces attaques, des chiffres qui n'ont pu être confirmés de manière indépendante.M. Abiy n'a ni expliqué en détail les raisons de la violence ni dit qui sont ces combattants ni donné de bilan. Il a indiqué que des centaines de personnes avaient été arrêtées lors d'opérations de ratissage de l'armée.Il a également affirmé, sans fournir de détails ou de preuves, que certains de ces combattants voulaient "couper la route menant" au Grand barrage de la Renaissance (Gerd), futur plus grand ouvrage hydroélectrique d'Afrique que l'Ethiopie construit sur le Nil et facteur de tensions avec Khartoum et Le Caire, riverains du fleuve en aval."Une opération d'ampleur a eu lieu pour nettoyer la zone, mais ce n'est pas suffisant (...) si la source n'est pas tarie", a averti M. Abiy.