Malawi: arrestation de deux responsables de manifestations post-électorales

Par AFP

AFRICA RADIO

La police du Malawi a annoncé l'arrestation mardi pour fraude de deux militants des droits de l'homme, qui ont récemment organisé des manifestations pour dénoncer les résultats de la présidentielle remportée par le chef de l'Etat sortant Peter Mutharika.

Gift Trapence, vice-président de la Coalition des défenseurs des droits de l'homme, et MacDonald Sembereka, membre de la même organisation, ont été interpellés mardi à Lilongwe. La Coalition a organisé ces dernières semaines de nombreuses manifestations post-électorales dans le pays."Nous avons reçu une plainte de la part d'Onusida" visant Gift Trapence et MacDonald Sembereka, a déclaré à l'AFP le porte-parole de la police James Kadadzera. "Je n'ai pas les chiffres précis, mais je peux confirmer qu'il s'agit de millions de kwachas", a-t-il ajouté.Un membre éminent de l'organisation, l'artiste Billy Mayaya, a affirmé que ces interpellations étaient motivées politiquement. "Nous savons que les arrestations sont destinées à nous casser (...), mais ils ne réussiront pas", a-t-il assuré.L'Onusida, contacté par l'AFP, n'a pas immédiatement réagi aux propos de la police.Le Malawi, petit Etat d'Afrique australe, traverse une crise politique depuis les élections générales du 21 mai. Peter Mutharika, au pouvoir depuis 2014, a été réélu avec 160.000 voix d'avance sur Lazarus Chakwera, qui dénonce des fraudes et a saisi la justice pour obtenir une annulation de la présidentielle.Depuis les élections, l'opposition et la société civile multiplient les manifestations dans le pays, dispersées à plusieurs reprises par les forces de l'ordre par des gaz lacrymogènes.Ce week-end, la police a annoncé avoir arrêté des dizaines de personnes, au lendemain d'une déclaration du chef de l'Etat qui a accusé les manifestants de comploter contre son gouvernement. Mercredi, deux manifestations, organisées par des groupes de femmes, sont prévues dans le pays: l'une à Blantyre, la capitale économique, pour soutenir la présidente de la commission électorale Jane Ansah, l'autre à Lilongwe, la capitale politique, pour protester contre cette figure contestée.