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Mali: rassemblement contre le président, des manifestants au siège de la radio-télévision

10 juillet 2020 à 18h35 Par AFP
AjoueDes milliers de personnes ont à nouveau manifesté vendredi à Bamako contre le président Ibrahim Boubacar Keïta, à l'appel d'une coalition dont des partisans ont ensuite occupé des locaux de médias publics et bloqué des ponts, selon des journalistes de l'AFP. C'est la troisième grande manifestation organisée en deux mois dans la capitale par la coalition du Mouvement du 5 juin, formée de chefs religieux, d'hommes politiques et de la société civile, contre le président Keïta, soutenu par la communauté internationale dans sa lutte antijihadiste depuis son arrivée au pouvoir en 2013. La principale figure de cette coalition est l'imam Mahmoud Dicko, réputé très influent.Les milliers de manifestants se sont retrouvés sur la Place de l'Indépendance, dans le centre de Bamako."Le président de la République a déçu dans son dernier discours", a déclaré à l'AFP Nouhoun Sarr, un responsable du mouvement de contestation. "Nous ne voulons plus de ce régime", a de son côté affirmé une manifestante, Sy Kadiatou Sow.Des opposants ont à l'issue de la manifestation occupé la cour de la radio et de la télévision publiques ORTM. Les deux chaînes de l'ORTM ne diffusaient plus vendredi après-midi, a constaté un journaliste de l'AFP. Il n'était pas possible de savoir dans l'immédiat les causes de l'arrêt de cette diffusion.D'autres protestataires bloquaient deux des trois ponts de la ville, ont constaté des journalistes de l'AFP. Des manifestants ont érigé des barricades sur un de ces ponts alors que des voitures étaient contraintes de dévier de la circulation, selon les mêmes sources.Le président Keïta a vainement tenté mercredi soir un nouveau geste d'apaisement, ouvrant la voie à un réexamen de l'inversion par la Cour constitutionnelle des résultats d'une trentaine de résultats des législatives de mars-avril, considérée comme déclencheur de l'actuelle crise politique. M. Keïta a laissé entendre qu'une Cour nouvellement formée pourrait revenir sur cette décision, qui a profité à une dizaine de membres de sa majorité, à commencer par celui qui allait ensuite être élu à la présidence du Parlement.Le Mouvement du 5 juin réclame la dissolution du Parlement, la formation d'un gouvernement de transition dont il désignerait le Premier ministre, ainsi que le remplacement des neuf membres de la Cour constitutionnelle, accusée de collusion avec le pouvoir.Cette contestation fait craindre aux partenaires du Mali un renforcement de la déstabilisation d'un pays déjà confronté depuis 2012 à des attaques jihadistes, auxquelles se mêlent depuis cinq ans des violences intercommunautaires.