Présidentielle en Côte d'Ivoire: troubles à Yamoussoukro et Bonoua

Par AFP

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Des incidents ont éclaté vendredi matin à Yamoussoukro, capitale politique de Côte d'Ivoire, et à Bonoua (est) opposant plusieurs centaines de jeunes et les forces de l'ordre, selon des habitants et un journaliste, à la veille de l'élection présidentielle.

Les forces de l'ordre se sont interposées entre des jeunes des quartiers baoulé (ethnie locale, traditionnellement favorable à l'opposition) et des jeunes des quartiers dioulas (ethnie du nord du pays, réputée proche du pouvoir), qui voulaient en découdre, ont rapporté des habitants à l'AFP.La police a dispersé les jeunes avec des gaz lacrymogènes, et démantelé des barricades dans les quartiers "220 logements", "Assabou" et "Morofé", de même source. Les troubles ont duré toute la matinée. En début d'après-midi, l'atmosphère restait "tendue", selon un journaliste, les jeunes jouant au chat et à la souris avec la police, qui tentait de disperser de nombreuses barricades. Aucun bilan n'était disponible dans l'immédiat.A Bonoua (est), fief de l'opposition, les forces de l'ordre ont dispersé des barrages dans la matinée, selon une source policière. Une manifestation de l'opposition s'était soldée par un mort et des blessés le 19 octobre dans cette ville, ancien fief de l'ex-Première dame Simone Gbagbo.Une trentaine de personnes sont mortes dans des troubles et des violences intercommunautaires depuis le mois d'août, en Côte d'Ivoire.La crainte d'une escalade des violences est forte dans ce pays d'Afrique de l'ouest, dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011 qui avait fait 3.000 morts.Le président Alassane Ouattara, 78 ans, se représente pour un troisième mandat controversé. La Constitution ivoirienne n'autorise que deux mandats présidentiels, mais selon le pouvoir, l'adoption d'une nouvelle Constitution en 2016 a remis le compteur à zéro. Ce que conteste farouchement l'opposition, qui a appelé à la "désobéissance civile" et au "boycott du processus électoral".L'opposition, incarnée par l'ex-président Henri Konan Bédié, 86 ans, et Pascal Affi N'Guessan, un ancien Premier ministre de 67 ans, n'a pas fait campagne. Mais les deux hommes ne se sont pas formellement retirés du scrutin.