Rapt massif d'élèves: le Nigeria "ne cédera pas au chantage des bandits" (président)

Par AFP

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Le président nigérian Muhammadu Buhari a condamné vendredi soir "l'inhumain" enlèvement de plus de 300 adolescentes dans le Nord-Ouest du Nigeria, et affirmé qu'il ne "céderait pas au chantage des bandits" qui attendent "le paiement d'importantes rançons".

"Cette administration ne cédera pas au chantage des bandits qui ciblent d'innocentes élèves en espérant le paiement d' importantes rançons", a déclaré M. Buhari dans un communiqué.Dans la nuit de jeudi à vendredi, des hommes armés ont envahi un internat de jeunes filles à Jangebe, dans l'Etat de Zamfara, et ont enlevé 317 élèves, selon la police locale. Ce rapt est le dernier d'une série d'enlèvement d'adolescents perpétrés dans le centre et le Nord-Ouest du Nigeria par des groupes criminels, appelés localement des "bandits", qui terrorisent les populations, volent du bétail et pillent les villages. "Nous avons la capacité de déployer une force massive contre les bandits dans les villages où ils opèrent, mais nous sommes limités par la peur de lourdes pertes de villageois innocents et d'otages qui pourraient être utilisés comme boucliers humains par les bandits", a ajouté le président dans le communiqué."Notre objectif premier est le retour sain et sauf des otages", selon lui. Le chef de l'Etat a également exhorté les gouverneurs des Etats où opèrent ces groupes criminels "à revoir leur politique de récompense des bandits avec de l'argent et des véhicules", affirmant "que cette politique pourrait avoir un effet boomerang désastreux".Le gouvernement de l'Etat de Zamfara, où les bandes criminelles sèment la terreur, a jusqu'ici cherché à négocier des accords de paix avec ces bandits, leur offrant des amnistie en échange de la remise de leurs armes.Il a notamment amnistié début février, Awwalun Daudawa, l'un des responsables du rapt, dans un pensionnat de Kankara, en décembre dernier, de 344 garçons, relâchés une semaine plus tard.A chaque nouveau kidnapping de masse, les autorités, fédérales ou locales, affirment ne payer aucune rançon aux ravisseurs pour la libération des otages.