Tchad: plus de vingt morts dans des affrontements entre éleveurs et cultivateurs

Par AFP

AFRICA RADIO

Au moins 22 personnes ont été tuées dans des affrontements entre éleveurs et cultivateurs entre lundi et mardi dans le sud du Tchad, en proie à des conflits meurtriers entre ces communautés, a indiqué vendredi le ministre de la Communication.

Un couvre-feu dans le département de la Kabbia a été instauré par les autorités et 66 personnes ont été arrêtées, a précisé le ministre, Chérif Mahamat Zene.Des agriculteurs avaient séquestré trois boeufs appartenant à des éleveurs, après que les bovidés ont détruit un champ dans le département de la Kabbia, a expliqué à l'AFP un responsable local, sous couvert d'anonymat. Lors d'une tentative de médiation, menée lundi par le préfet, des agriculteurs s'en sont pris à l'arme blanche aux représentants des éleveurs."Le préfet a pu se sauver de justesse lors de l'assaut. Les autres éleveurs présents sur les lieux ont été tous tués lundi par les agriculteurs. Des éleveurs présents dans le sud du pays ont convergé mardi dans la zone pour une contre-offensive et ils ont abattu à l'aide de flèches des agriculteurs", a affirmé à ce responsable local. "Les affrontements entre agriculteurs et éleveurs, qui ont eu lieu entre les 23 et 24 novembre (...), ont occasionné 22 morts (11 agriculteurs et 11 éleveurs), et 34 blessés", a détaillé vendredi dans son communiqué le ministre de la Communication, ajoutant que de "nombreux villages de part et d'autre ont été incendiés".Les combats entre communautés sont fréquents dans le sud du Tchad, où nombre d'habitants sont armés. Ils opposent principalement éleveurs nomades arabes et cultivateurs autochtones sédentaires, qui accusent les premiers notamment de saccager leurs champs en faisant paître leurs animaux. Le sud du Tchad, au climat et à la végétation plus cléments, attire depuis longtemps les éleveurs des zones sahéliennes désertiques du Nord, et est une région de transhumance. Certaines communautés nomades arabes s'y sont installées de longue date et s'opposent aux agriculteurs autochtones dans des conflits fonciers.