Un Collectif réclame une "transition" en Guinée pour éviter la "présidence à vie" d'Alpha Condé

11 juillet 2020 à 11h26 par AFP

AFRICA RADIO

Le "Collectif pour la Transition en Guinée" (CTG), nouvellement créé, a appelé samedi à Paris à une "transition démocratique" pour "éviter la présidence à vie" d'Alpha Condé et "mettre fin à la dérive" du pays.

"Nous demandons dès maintenant que le président s'en aille; si on attend la fin de son mandat, il ne partira pas...", a lancé à l'AFP samedi le porte-parole du Collectif Ibrahim Sorel Keita, avant la première conférence de presse de ce collectif créé il y a deux mois.Elle s'est tenue en présence du président de l'association française SOS Racisme Dominique Sopo, du blogueur tchadien Makaila N'Guebla, de l'écrivain Thomas Dietrich qui a récemment enquêté sur l'industrie de la bauxite en Guinée, et du musicien Doura Barry qui a dénoncé avec émotion les "menaces" contre le "vivre ensemble" entre les différentes ethnies en Guinée. "Nous appelons à un réveil citoyen", a lancé M. Sorel Keita. "Il faut lui mettre la pression (à Condé) et prévoir une période de transition" qui permettra de répondre aux "urgences sanitaires et sociales" et de "préparer des échéances électorales de façon transparente", a-t-il ajouté. Le mandat de M. Condé, 82 ans, élu en 2010 et réélu en 2015, arrive à échéance à la fin de l'année. L'opposition est convaincue qu'il briguera sa propre succession. Elle a vainement tenté de s'opposer à une nouvelle Constitution que M. Condé a soumise le 22 mars à référendum et dans laquelle elle dénonce un subterfuge pour remettre le compteur présidentiel à zéro afin de se représenter.M. Condé, ancien opposant historique devenu premier président démocratiquement élu après des décennies de régimes autoritaires, entretient l'ambiguïté sur ses ambitions personnelles.La Guinée, pays pauvre malgré d'importantes ressources naturelles, est le théâtre depuis octobre d'une mobilisation, souvent marquée par des violences, contre le projet prêté au président de chercher à se maintenir au pouvoir.Pour le CTG, "cette crise concerne tout le monde: la Guinée, mais aussi l'Afrique, car si la Guinée implose, il y a aura des répercussions au Liberia, en Sierra Leone, etc...", a estimé M. Sorel Keita. "Aujourd'hui, les Guinéens quittent massivement le pays dans des conditions terribles et au prix de leur vie", a-t-il ajouté en référence aux jeunes Guinéens qui tentent d'entrer clandestinement en Europe en traversant la Méditerranée dans des bateaux de fortune, depuis la Libye où ils ont souvent connu des conditions de détention effroyables dans les camps de migrants. Le Collectif a en outre annoncé son intention d'engager prochainement une "action en justice" pour réclamer une "clarification du système minier guinéen".