Tigré: pic de malnutrition aiguë sévère chez les enfants

Par AFP

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Le nombre d'enfants admis pour des cas de malnutrition aiguë sévère dans la région du Tigré (nord de l'Ethiopie) ravagée par la guerre, a doublé cette année par rapport à 2020, a annoncé jeudi l'ONU.

"Près de 18.600 enfants âgés de moins de 5 ans au Tigré ont été admis pour être traités pour malnutrition sévère aiguë entre février et août cette année, comparativement au 8.900 en 2020, soit une augmentation de 100%, selon l'Unicef", a indiqué le bureau de coordination humanitaire de l'ONU dans son rapport hebdomadaire sur le conflit qui dure depuis onze mois dans le nord de l'Ethiopie. La malnutrition chez les femmes enceintes et allaitantes "continue également d'être très élevée et se situe à environ 63%", ajoute le rapport, soulignant que seuls 897 camions transportant de l'aide humanitaire sont arrivés depuis la mi-juillet dans cette région qui compte environ 6 millions de personnes. Le Tigré est le théâtre de combats depuis novembre dernier, quand le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, prix Nobel de la paix 2019, y a envoyé l'armée fédérale pour renverser les autorités régionales issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). Ce parti longtemps au pouvoir à Addis Abeba est accusé par les autorités d'avoir orchestré des attaques contre des camps militaires fédéraux. L'ONU estime que le Tigré est soumis à "un blocus de facto de l'aide humanitaire". Autorités éthiopiennes et rebelles pro-TPLF s'accusent mutuellement d'entraver l'acheminement de l'aide et d'affamer la population. Outre le manque de nourriture, la région a cruellement besoin de médicaments et de matériel médical, un constat souligné récemment par l'ONU dans plusieurs rapports. Le bureau de coordination humanitaire de l'ONU ajoute dans son rapport que neuf camions transportant des médicaments sont restés bloqués dans l'attente de l'approbation du gouvernement à Afar, qui possède actuellement la seule route terrestre praticable vers le Tigré. Des vaccins contre la polio sont également nécessaires pour 887.000 enfants ainsi que des vaccins contre la rougeole pour 790.000 enfants, selon le rapport, soulignant que le fait de ne pas injecter les vaccins "entraînera une épidémie".