Bissau: 28 partis rayés de la carte

AFRICA RADIO

15 novembre 2022 à 15h51 par AFP

La Cour suprême de Guinée-Bissau a annoncé la suppression de 28 partis qui n'ont pas apporté la preuve de leur existence réelle selon elle.

Le plus haut organe judiciaire a diffusé aux médias un message en ce sens daté du 14 novembre, après l'expiration d'un délai imparti aux organisations politiques pour justifier de leur existence en fournissant avant fin octobre leur adresse exacte, un récépissé de leur enregistrement et un organigramme. Il s'agissait pour la Cour suprême de débroussailler la cinquantaine de partis existants en vue des prochaines législatives dans ce pays lusophone de deux millions d'habitants. La prolifération des partis, comme dans un certain nombre de pays d'Afrique de l'Ouest, est considérée comme un facteur de confusion, voire d'instabilité. Or depuis son indépendance en 1974, cette ancienne colonie portugaise a connu une multitude de putschs et de tentatives de coup de force, le dernier datant du 1er février 2022. La décision de la Cour suprême frappe des petits partis et ne concerne aucune des formations représentées au Parlement dissous en mai par le président Umaro Sissoco Embalo. Des leaders des partis radiés se sont réunis mardi et ont promis de protester. Leur capacité de mobilisation semble limitée, même si Idrissa Djalo, chef du Parti de l'unité nationale, bénéficie d'un certaine audience. "Mon parti a rempli les conditions requises", a-t-il assuré à la presse. Il a accusé le président Embalo, par ailleurs président en exercice de la communauté des Etats ouest-africains Cédéao, de chercher à éliminer la concurrence. "Il y a trop de partis. Certains n'ont même pas de siège ou n'ont jamais pu élire un seul député. La mesure va permettre de faire le ménage sur l'échiquier politique", a déclaré l'analyste Humberto Monteiro à un correspondant de l'AFP. La Guinée-Bissau reste depuis des mois le théâtre de tensions entre la présidence, le Parlement et les partis. Le président avait annoncé des élections anticipées pour le 18 décembre après avoir dissous le Parlement. Mais la tenue du scrutin à cette date reste sujette au doute.