Concertations politiques au Congo: un consensus dégagé sur la tenue des législatives

AFRICA RADIO

6 mars 2022 à 15h06 par AFP

Des partis politiques de diverses obédiences se sont accordés à Owando, au nord du Congo, sur les opérations à mener avant les législatives de juillet, au terme d'une concertation boycottée par une coalition d'opposants, a appris l'AFP dimanche de source officielle.

Leurs représentants ont mis sur la table douze points portant tous ou presque sur l'amélioration de la gouvernance électorale. Les participants "ont recommandé qu'une révision des listes électorales soit effectuée dans les plus brefs délais", avant les législatives couplées aux locales, dont la date reste à déterminer, indique le communiqué final dont l'AFP a reçu copie. Ils ont également recommandé "la création d'une ligne budgétaire propre à la Commission électorale" en vue de renforcer son indépendance. Cette Commission dépend essentiellement du budget de l'État. Son indépendance est souvent remise en cause par l'opposition qui la juge "trop partisane". Selon le même communiqué, un consensus s'est dégagé sur l'organisation des élections sur toute l'étendue du Pool (sud). Dans cette province voisine de Brazzaville, certaines circonscriptions n'ont pu voter en 2017 en raison de violences ayant opposé l'armée et les ex-combattants ninjas de l'ancien chef rebelle Frédéric Bintsamou, alias Pasteur Ntumi. Ce dernier avait vivement contesté en 2016 la réélection (pour un troisième mandat) du président Denis Sassou Nguesso, 78 ans dont 37 cumulés au pouvoir. En 2021, ce dernier s'est fait encore élire pour un quatrième mandat. "Owando aura été une étape importante de dédramatisation des élections au Congo", qui ont souvent été source de conflit, a indiqué à la presse Parfait Iloki, porte-parole du Parti congolais du travail (PCT, au pouvoir). "Nous n'avons enregistré que quelques petites avancées seulement, malgré tout l'argent dépensé", a tempéré l'opposant Jean-Jacques Yhombi Opango. Le Collectif et la Fédération de l'opposition congolaise, dirigés respectivement par Mathias Dzon et Clément Miérassa ont boycotté cette concertation, dénonçant une diversion.