COP27: 36 ONG plaident pour que l'Egypte laisse la société civile s'exprimer

AFRICA RADIO

12 juillet 2022 à 15h51 par AFP

Une trentaine d'ONG des droits humains préviennent mardi que les restrictions au droit de manifester et à la liberté d'expression en Egypte "pourraient empêcher une participation pleine et active" de la société civile à la COP27 prévue en novembre.

Le Caire, qui n'a cessé de museler toute forme d'opposition, de presse indépendante ou de militantisme en ligne depuis l'arrivée au pouvoir du président Abdel Fattah al-Sissi en 2013, a déjà affirmé que les manifestations --passage obligé des sommets climatiques-- seraient organisées "à l'intérieur d'un bâtiment" construit à cet effet. "Les autorités égyptiennes doivent autoriser sans condition les manifestations et rassemblements pacifiques au moment de la COP27", répondent mardi les 36 ONG qui signent ce texte, dont Amnesty International et Human Rights Watch (HRW). Depuis qu'il a pris le pouvoir --en appelant les Egyptiens à manifester par centaines de milliers pour lui "donner mandat" de renverser le président islamiste d'alors-- M. Sissi a interdit les manifestations, fait réaménager les espaces publics pour y empêcher tout rassemblement et des Egyptiens sont régulièrement incarcérés pour avoir appelé en ligne à la mobilisation. "Pour une action climatique solide et respectueuse des droits, il faut une participation pleine et active de tous les acteurs: Etats, militants, société civile", poursuivent les ONG, et ces conditions ne sont pas rassemblées dans un pays qui compte plus de 60.000 détenus d'opinion, selon elles. "Les Etats membres de l'ONU, surtout ceux qui participeront à la COP27, doivent presser les autorités égyptiennes (...) d'assurer une participation sûre et utile de la société civile pour que cette COP27 soit un succès", affirment encore les ONG. Le Caire mise particulièrement sur l'accueil de ce sommet pour se repositionner au centre de la scène diplomatique régionale. Si de nombreuses capitales étrangères ont félicité l'Egypte d'avoir obtenu d'accueillir la COP27 à Charm el-Cheikh, sur la mer Rouge, les ONG dénoncent régulièrement ce choix. Elles y voient "une récompense au système répressif" de M. Sissi et une légitimité internationale supplémentaire à un Etat englué dans le marasme politique et économique du fait de méga-projets coûteux alors qu'un tiers de la population est pauvre et autant prêts à plonger sous le seuil de pauvreté selon la Banque mondiale.