Drame de Nador-Mellila: lourdes peines de prison pour des migrants soudanais

AFRICA RADIO

13 octobre 2022 à 15h21 par AFP

La justice marocaine a condamné à de lourdes peines de prison un groupe de 15 migrants soudanais arrêtés après une tentative d'entrée en force fin juin dans l'enclave espagnole de Melilla, située au nord du Maroc, a-t-on appris jeudi auprès de leur avocat.

Huit migrants ont écopé de trois ans de prison ferme et sept de deux ans d'emprisonnement devant la chambre criminelle de Nador, ville marocaine frontalière de Melilla, selon le verdict rendu dans la nuit de mercredi à jeudi. La défense a l'intention de faire appel. "Des jugements sévères pour faire peur. Les migrants ont besoin d'être protégés et non pas d'avoir peur", a commenté l'Association marocaine des droits humains (AMDH) sur son compte Twitter. Ces 15 migrants, en situation irrégulière, ont été reconnus coupables d'"entrée illégale sur le territoire marocain", dans l'intention de se rendre en Europe, de "violence contre des agents de la force publique" et de "refus d'obtempérer", a précisé à l'AFP leur avocat Mbarek Bouirig. En revanche, le tribunal n'a pas retenu l'accusation d'"attroupement armé". Le 24 juin, près de 2.000 migrants en majorité originaires du Soudan -pays très pauvre- avaient tenté de s'introduire dans la cité espagnole de Melilla via le poste-frontière marocain de Nador. Cette tentative avait été précédée de violents heurts pendant plusieurs jours entre migrants et forces marocaines dans des campements clandestins installés aux alentours de Nador. Le drame a fait 23 morts parmi les migrants, selon les autorités marocaines, 27 d'après l'AMDH, principale association indépendante de défense des droits humains au Maroc. Ce bilan est le plus lourd jamais enregistré lors d'une des nombreuses tentatives de migrants d'entrer à Melilla et dans l'enclave espagnole voisine de Ceuta, seules frontières terrestres de l'Union européenne avec le continent africain. A la suite de ce drame, plusieurs dizaines de migrants ont déjà été condamnés en plusieurs groupes séparés, à des peines de prison en première instance, systématiquement alourdies par la Cour d'appel de Nador. Le procès en appel d'un autre groupe de 14 migrants prévu jeudi à Nador a été reporté d'une semaine faute de traducteur, selon l'AMDH. isb-kl-agr/fka/tp [object Object]