Experts de l'ONU tués en RDC: un journaliste toujours entendu, avocat autorisé

22 septembre 2021 à 18h51 par AFP

AFRICA RADIO

Deux jours après son interpellation, l'assistance d'un avocat a été autorisée mercredi pour un journaliste congolais soupçonné de détenir des informations sur le meurtre de deux experts des Nations unie en 2017, au Kasaï, dans le centre de la RDC, a-t-on appris du parquet militaire.

En fin d'après-midi, le parquet militaire a autorisé l'avocat de Sosthène Kambidi, toujours entendu sur cette affaire, à "l'assister" pendant l'interrogatoire, a déclaré à l'AFP un haut magistrat militaire. Sosthène Kambidi, correspondant de l'AFP et du média congolais en ligne Actualite.cd à Kananga, chef-lieu du Kasaï-central, a été arrêté à Kinshasa dans sa chambre d'hôtel dans la nuit de lundi à mardi. Mercredi à la mi-journée, deux journalistes, de l'AFP et d'Actualite.cd, ont pu échanger avec lui pendant plus d'une heure, en présence d'un haut magistrat. Serein, le journaliste a indiqué avoir été interrogé sur la détention de la vidéo du meurtre de la Suédoise Zaida Catalan et de l'Américain Michael Sharp le 12 mars 2017. Le parquet cherche à savoir comment il était entré en possession de cette vidéo et qui la lui avait donnée. Le journaliste a affirmé avoir été interrogé par un magistrat militaire congolais et, en visio-conférence, par "des gens du mécanisme de l'ONU mis en place pour assister la justice militaire congolaise". Selon la version officielle des autorités de l'époque, Michael Sharp et Zaida Catalan ont été tués par des miliciens de la secte Kamuina Nsapu, alors en guerre contre l'armée régulière. Le conflit a fait 3.400 morts et des dizaines de milliers de déplacés entre septembre 2016 et mi-2017 dans la région du Kasaï. Une trentaine de personnes sont accusées d'avoir participé à ce meurtre. Mais le procès, ouvert le 5 juin 2017, piétine.