France: des propos sur l'islam du rappeur Gims compliquent sa demande de nationalité

AFRICA RADIO

25 janvier 2022 à 11h06 par AFP

Le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin a laissé mardi peu d'espoir au rappeur Gims, Congolais ayant vécu en France presque toute sa vie, d'obtenir la nationalité française, en faisant valoir qu'elle était refusée "de manière générale aux tenants de l'islam rigoriste".

La star du rap congolaise, qui a annoncé vouloir redemander la nationalité française qui lui a déjà été refusée, a fait polémique avec une vidéo diffusée le 1er janvier où il appelait les musulmans à ne pas fêter la nouvelle année. Interprète des titres "Bella" ou "Sapé comme jamais", le chanteur est arrivé en France à l'âge de deux ans avec ses parents fuyant le Zaïre du président Mobutu Sese Seko. Interrogé mardi sur la radio France Inter, Gérald Darmanin a estimé que "ne pas souhaiter la bonne année parce que ce ne serait pas conforme à ce que font les amis, les copains ou les frères de tel ou tel personnage aussi sacré soit-il, ce n'est pas une bonne preuve d'assimilation à la société française". "Les services de l'Intérieur vont réétudier évidemment sa demande", a-t-il toutefois précisé. Le rappeur a présenté ses excuses dimanche. "Cette vidéo, je la regrette totalement (...) Je ne voulais pas blesser les gens. La foi, ça relève de l'intime", a-t-il affirmé dans le Journal du Dimanche. Ne pas être Français, "c'est l'un de mes plus grands regrets. Tous mes souvenirs sont en France (...) Quand je voyage au Qatar, aux Etats-Unis... je me présente comme un artiste français. Pas congolais", a-t-il expliqué. "Il me manque +le papier officiel+. Mais ça, ça ne dépend pas que de moi. Apparemment le refus est lié à un délit que j'aurais commis quand j'étais mineur. Mais mon casier est vierge", a détaillé le rappeur. Le quotidien Le Parisien, qui a publié une enquête sur Gims, présente toutefois une autre version. Sa première demande de naturalisation est déposée en 2013, mais "la procédure s'enlise". Selon "un ancien ministre de l'Intérieur" interrogé par le journal, le refus finalement essuyé en 2017 est dû à "des défauts de paiement d'amendes pour des délits routiers et son incapacité à établir en France le centre de ses intérêts matériels", le chanteur résidant une bonne partie de l'année à Marrakech, au Maroc. Gims aurait relancé sa demande en 2018, évoquant le sujet auprès de l'épouse du président français Brigitte Macron, sans plus de succès, d'après Le Parisien.