"Future Lullaby", Blick Bassy aborde le thème des berceuses

"Future Lullaby", Blick Bassy aborde le thème des berceuses

7 novembre 2022 à 12h56 par Leïla Ahmed

C'est le premier court-métrage du chanteur camerounais Blick Bassy. "Future Lullaby, la berceuse d'hier, d'aujourd'hui et de demain" aborde le rôle des berceuses et de la relation mère-enfant au fil des époques. Le film est actuellement au musée du Quai Branly, jusqu'au 5 mars 2023

 

Qu'est-ce qui vous a motivé à vous tourner vers les berceuses ? 

 

J'ai décidé de consacrer mon premier court-métrage sur la question de berceuse. Parce que quand on parle berceuses, on parle d'enfants, on parle de bébés, on parle de notre relation avec la maman. Qui est fière lorsqu'un enfant naît et que ses premiers moments sont avec sa maman, ses premiers souvenirs et  moments d'expressions de langages. C'est avec son entourage proche. Mais également parce que l'enfance est un état qui pour moi, reste hyper improtant. Ce sont les premiers instants lorsqu'on arrive sur la terre, notre premier rapport à l'autre, à l'espace dans lequel nous sommes censés passer toute notre vie. L'enfance est un moment et un état précieux, parce qu'il permet de commencer à penser la construction future de cet humain qui arrive. Si nous voulons changer un peu les choses, lorsqu'on regarde l'état de nos différentes sociétés.  On se dit à mon avis et à mon sens, comment nous reconstruirons à partir du bas âge l'éducation ? Puisque, on se rend bien compte que telle qu'elle est faite aujourd'hui, elle n'impacte peut-être plus assez. Ça veut dire que quelque part,  nous avons fauté. Mais comment est-ce que nous pouvons reconstruire cela ? Comment est-ce qu'on répare  cela ? Tout part de l'enfance. C'est pour cela que pour moi, mon premier court-métrage je voulais vraiment le consacrer au début un peu de la vie. Parce que l'enfance c'est aussi un peu le début de la vie sur terre.

 

Quel est le lien entre la berceuse et l'émancipation de la femme ?

Dans ce film ce que j'ai essayé de démontrer, c'est de voir que la femme au départ  elle est ménagère. Ensuite, on la voit qui se met à aller travailler, son rapport à son bébé lorsqu'elle est à la maison et s'occupe de toutes les tâches ménagères. Son bébé au dos tout le temps. Il y a une relation  très rapprochée avec la maman. Mais qui est presque douloureuse, parce qu'elle fait tout en même temps.  Parfois dans le film, on voit que le papa de l'enfant ne fait pas grand-chose. Il est assis et laisse la maman non seulement porter l'enfant, mais en plus de ça s'occuper de toutes les tâches de la maison. Pendant que lui, de manière tranquille ne fait pas grand-chose. Donc les berceuses, un moment donné par rapport à l'évolution de notre société, viennent  également changer. Au point où elles deviennent presque le son qui vient du téléphone. L'enfant qui espère s'endormir en regardant la télé, puisqu'il y a énormément de choses petit à petit, selon l'évolution qui vient remplacer également ce rapport-là. 

 
 
Est-ce que dans ce film on retrouve des comptines camerounaises ?
 
Absolument. Ce que j'ai voulu faire ce n'est pas me limiter qu'aux comptines camerounaises. Je suis allé chercher également en Afrique du Sud. Il y a des berceuses qui nous viennent du Mali, du Sénégal, du Gabon et du Burkina Faso. L' idée était de  chercher les comptines que l'on retrouve dans ces différentes contrées et les traiter aussi selon l'évolution du film, du temps. La  dernière berceuse, qui est une berceuse populaire camerounaise, j'ai essayé de l'amener de manière beaucoup plus contemporaine, avant-gardiste, futuriste. Pour en même temps,  faire ce travail d'évolution des berceuses.  Qui elles aussi évoluent. Malgré la présence des outils, qui viennent parfois  brouiller le rapport  direct qu'il y avait entre la maman et le bébé.
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