L'émissaire de l'ONU rencontre le chef du Polisario en Algérie

AFRICA RADIO

16 janvier 2022 à 20h36 par AFP

Le nouvel émissaire de l'ONU pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura, a rencontré dimanche le chef du Front Polisario, Brahim Ghali, à Tindouf en Algérie, dans le cadre de sa première tournée régionale, a indiqué l'agence de presse algérienne APS.

Lors de cette rencontre dans un camp de réfugiés sahraouis, le chef du mouvement indépendantiste a redit être "en faveur d'une solution juste et équitable" du conflit du Sahara occidental "en mesure de garantir au peuple sahraoui son droit à l'autodétermination et à la pleine indépendance (...)", selon APS. La question du Sahara occidental, ex-colonie espagnole considérée comme un "territoire non autonome" par l'ONU, oppose depuis des décennies le Maroc aux indépendantistes sahraouis du Front Polisario soutenus par Alger. Ce vaste territoire désertique au riche sous-sol est situé aux confins du Maroc, de l'Algérie et de la Mauritanie. Rabat, qui contrôle près de 80% de ce territoire, propose un plan d'autonomie sous sa souveraineté. Le Polisario réclame un référendum d'autodétermination sous l'égide de l'ONU, prévu lors de la signature en 1991 d'un cessez-le feu mais jamais concrétisé. Pour Rabat, la relance des négociations, suspendues depuis 2019, doit s'inscrire dans le cadre de "tables rondes" réunissant le Maroc, le Polisario mais aussi l'Algérie et la Mauritanie. Alger est opposé à une reprise de pourparlers sous cette forme. La tournée régionale de l'émissaire onusien --la première depuis son entrée en fonction en novembre-- se déroule dans un contexte de vive rivalité entre Rabat et Alger. Elle a débuté mercredi dans la plus grande discrétion à Rabat qui a réitéré son soutien à la reprise du "processus politique" sous l'égide de l'ONU pour régler le conflit. Après Tindouf (sud-ouest), M. de Mistura est attendu à Alger. Il doit terminer sa mission en Mauritanie le 19 janvier. Selon son porte-parole, l'émissaire onusien souhaite "entendre les points de vue de toutes les parties concernées sur la manière de progresser vers une reprise constructive du processus politique sur le Sahara occidental".