La patronne d'Amnesty espère l'émergence d'un leadership africain à la Mandela

AFRICA RADIO

28 octobre 2022 à 18h51 par AFP

La patronne d'Amnesty International Agnès Callamard a espéré vendredi l'émergence d'un leadership politique africain à la Nelson Mandela face aux grandes crises, dont les restrictions des libertés sur le continent et dans le monde.

Mme Callamard, en visite au Mali et au Sénégal depuis le 16 octobre, a dressé un sombre tableau des droits en Afrique de l'Ouest, lors d'une conférence de presse à Dakar. Elle a déclaré qu'il n'y avait "pas de justice" au Mali et que la junte au pouvoir dans ce pays en proie à la violence et au jihadisme était dans le "déni" quant aux atteintes aux droits des populations civiles. Même le Sénégal, présenté par ses partenaires comme un bon élève en matière de démocratie, est touché par ce qu'elle a appelé "le rétrécissement de l'espace civique". "On assiste à l'échelle régionale tout comme à l'échelle globale à un rétrécissement de l'espace des libertés individuelles, un rétrécissement confirmé, assumé par les autorités" rencontrées au Mali et au Sénégal, a-t-elle dit. "Dans ce contexte où les valeurs humaines sont flouées, on a besoin de vrais leaders (...) J'oserais espérer que peut-être ces leaders pourraient émerger ou se trouver en Afrique. Il l'ont été, je veux parler ici de Nelson Mandela", a-t-elle dit. "Le monde a besoin d'un leadership éclairé de la part des leaders africains. On le retrouve au niveau de la société civile, il faudrait que maintenant on le retrouve aussi au niveau du leadership politique", a-t-elle dit. Au Mali, Mme Callamard a salué un "intérêt clair" de la junte à dialoguer avec Amnesty et des "avancées" sur le cadre juridique de la lutte contre l'impunité. Mais elle a redit que la mort de milliers de personnes restait "sans coupable et sans jugement". Elle a aussi redit que les forces de sécurité étaient elles-mêmes soupçonnées de nombreuses exactions. Mais "les réponses que nous recevons au sujet des enquêtes sont franchement préoccupantes", a-t-elle dit. "Il faut reconnaître que les incidents sécuritaires augmentent (...) et que le déni ne peut pas aider à y répondre", a-t-elle dit. "Amnesty International et d'autres ont constaté une recrudescence des violences contre les populations civiles depuis le début de l'année, une recrudescence qui n'est pas du tout reconnue par les autorités", a-t-elle renchéri.