Législatives Lesotho: forte avance du candidat millionaire surprise

AFRICA RADIO

10 octobre 2022 à 13h06 par AFP

Candidat surprise, le millionnaire Sam Matekane, qui a fait fortune dans les mines de diamants et est considéré comme l'homme le plus riche du Lesotho, a une très forte avance dans les premiers résultats des législatives de vendredi, a annoncé lundi la commission électorale.

Son mouvement créé juste six mois avant le scrutin et baptisé Révolution pour la prospérité (RFP) a remporté 56 sièges, devant le Congrès démocratique (DC), l'un des partis qui dominaient le paysage politique jusqu'ici, avec 18 sièges, a précisé sur son site la commission. L'Assemblée compte 120 sièges dont 80 députés élus au scrutin majoritaire et 40 désignés à la proportionnelle. Ces derniers sièges seront annoncés dans un deuxième temps par la commission. Si la tendance se confirme, M. Matekane, tout nouvel homme politique de 64 ans, devrait devenir Premier ministre du petit royaume enclavé dans le territoire de l'Afrique du Sud qui compte 2,2 millions d'habitants. Quelque 1,5 million d'électeurs étaient appelés à voter vendredi pour plus de 2.300 candidats représentant une cinquantaine de partis. Ces premiers résultats partiels déjouent tous les pronostics des experts qui tablaient sur une possible entrée au Parlement du parti du riche candidat, estimant qu'il devrait alors vraisemblablement former une nouvelle coalition. Dès le lendemain du scrutin, plusieurs dizaines de soutiens de l'homme d'affaires, parti de rien en élevant des ânes, s'étaient rassemblés samedi dans la capitale Maseru après l'annonce des tout premiers résultats partiels le donnant en tête. "On l'a fait, on est en train de gagner", lâchait Mamamello Shoaepane, 40 ans, en pleurant de joie. "Je viens des montagnes, là-haut nous n'avons pas de nourriture, pas d'eau, rien. La RFP va changer tout ça". Chantant et dansant dans la rue, la petite foule euphorique de supporters habillés en blanc et vert, les couleurs du parti, ont scandé: "La prospérité, c'est la vie!". La monarchie constitutionnelle est dirigée depuis 2012 par des gouvernements de coalition, rendus instables par de fréquents changements de bord et scissions au sein des partis. Aucun chef de gouvernement n'est arrivé à la fin de son mandat de cinq ans au cours de la dernière décennie.