Libye: le Conseil présidentiel annonce un plan de sortie de crise

AFRICA RADIO

5 juillet 2022 à 16h36 par AFP

Le Conseil présidentiel, un organe doté de certains pouvoirs exécutifs, a annoncé mardi avoir élaboré un plan visant à sortir le pays de l'impasse politique en organisant des élections.

"En réponse aux appels légitimes des Libyens et afin de satisfaire leurs demandes de changement, (...) le conseil présidentiel (CP) a préparé un plan d'action pour sortir le pays de la crise politique", a-t-il souligné dans un communiqué. Sans dévoiler les contours de ce plan d'action, le Conseil présidentiel a assuré que celui-ci visait à "préserver l'unité du pays, écarter le spectre de la guerre et la division, limiter l'ingérence étrangère et pousser vers un règlement national". Abdallah Allafi, numéro deux du CP, qui comprend trois membres représentants les trois provinces historiques de la Libye, doit discuter avec les camps rivaux pour élaborer une feuille de route aboutissant à la tenue d'élections présidentielle et législatives "selon un échéancier précis". La Libye est plongée dans le chaos depuis la chute du régime Kadhafi en 2011. Des scrutins présidentiel et législatif devaient initialement se tenir en décembre 2021 pour couronner un processus de paix parrainé par l'ONU après des violences en 2020. Mais ils ont été reportés sine die en raison de fortes divergences entre rivaux politiques et des tensions sur le terrain. Cette initiative du CP, lui-même issu d'un processus de paix de l'ONU, intervient en réponse aux appels répétés d'acteurs politiques libyens lui demandant d'intervenir pour trouver une solution à la crise et assurer la tenue des élections "le plus tôt possible", selon le communiqué. Depuis vendredi, plusieurs villes libyennes ont été le théâtre de manifestations contre la dégradation des conditions de vie marquées par de longues coupures d'électricité, une inflation galopante et d'interminables files d'attente aux stations d'essence. Alors que la grogne sociale est directement dirigée contre les deux gouvernements rivaux mais surtout contre les deux chambres du Parlement, perçus comme des symboles de la division du pays, le Conseil présidentiel a lui aussi été montré du doigt et accusé d'inertie.