Macron, Kagame et Tshisekedi veulent réduire la tension dans l'est de la RDC

AFRICA RADIO

21 septembre 2022 à 21h06 par AFP

Les présidents français Emmanuel Macron, rwandais Paul Kagame et de la République démocratique du Congo (RDC) Félix Tshisekedi sont convenus mercredi, lors d'une rencontre à New York, "d'agir de concert" pour lutter contre les violences dans l'est de la RDC, a annoncé l'Elysée.

Lors d'un entretien en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, les trois dirigeants "ont marqué leur préoccupation face à la recrudescence des violences dans l'est de la RDC et leur résolution à apporter une réponse régionale et coordonnée à la menace portée par le groupe terroriste ADF dans la région", a indiqué la présidence française dans un communiqué. Mardi soir, Félix Tshisekedi avait accusé à la tribune de l'ONU le Rwanda voisin d'"agression" militaire "directe" et d'"occupation" dans l'est de son pays, via également le soutien présumé de Kigali à la rébellion armée du M23. Les deux dirigeants africains, invités par M. Macron à déjeuner, "sont convenus d'agir de concert pour obtenir au plus vite l'application des dispositions du processus de Luanda, le retrait du M23 et le cantonnement de ses combattants hors de la zone de Bunagana, avec l'appui des Nations unies et de leurs partenaires de la Communauté d'Afrique de l'Est (CAE) et de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL)", selon l'Elysée. Les trois dirigeants veulent en outre "intensifier durablement leur coopération pour lutter contre l'impunité et mettre un terme à l'action des groupes armés dans la région des Grands Lacs, dont les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR)", a-t-on précisé de même source. L'est de la RDC abrite de nombreux groupes armés qui sèment la mort depuis près de 30 ans. L'un des plus actifs est le M23, une ancienne rébellion à dominante tutsi vaincue en 2013, qui a repris les armes fin 2021 en reprochant à Kinshasa de n'avoir pas respecté des accords sur la démobilisation et réinsertion de ses combattants. Selon un rapport d'experts missionnés par les Nations unies, consulté en août par l'AFP, l'armée rwandaise a "lancé des interventions militaires contre des groupes armés congolais et des positions des Forces armées congolaises" à partir de novembre 2021. Kigali dément soutenir le M23 et a rejeté ces "allégations non valides".