Maroc: prison ferme pour des migrants arrêtés la veille du drame de Melilla (défense)

AFRICA RADIO

4 août 2022 à 14h51 par AFP

Quatorze migrants ont été condamnés jeudi à huit mois de prison ferme pour "appartenance à une bande criminelle d'immigration clandestine" au Maroc, après avoir été arrêtés la veille d'une tentative massive d'entrée dans l'enclave espagnole de Melilla.

"Le tribunal de première instance de Nador a condamné ces migrants à huit mois de prison ferme, c'est un jugement très dur", a indiqué jeudi à l'AFP leur avocat Mbarek Bouirig qui compte faire appel. Les 14 migrants condamnés, en majorité des Soudanais, avaient été arrêtés le 23 juin lors d'une opération de ratissage des autorités marocaines dans le massif de Gourougou, près de la frontière avec Melilla. Ils ont été poursuivis, entre autres, pour "appartenance à une bande criminelle d'immigration clandestine", "outrage à des agents de la force publique pendant l'exercice de leur fonction" et "désobéissance", selon Me Bouirig. "Pourquoi condamner des migrants dont le seul tort était d'être réfugiés dans une forêt ? Ils n'ont pas tenté de traverser la frontière", souligne à l'AFP Omar Naji, membre de la section locale de l'Association marocaine des droits humains (AMDH), ayant assisté au procès. Au lendemain de leur arrestation, près de 2.000 migrants, en majorité originaires du Soudan -- pays très pauvre miné par les conflits et dirigé par un régime militaire -- avaient tenté de pénétrer par la force le 24 juin dans la cité autonome espagnole de Melilla, située en territoire marocain. Le drame a fait 23 morts parmi les migrants, selon les autorités marocaines, et provoqué une forte indignation au Maroc et au-delà. Ce bilan humain est le plus lourd jamais enregistré aux frontières entre le Maroc et les enclaves de Ceuta et Melilla, seules frontières terrestres de l'UE avec le continent africain. A la suite de cette tragédie, 33 migrants ont écopé le 19 juillet de 11 mois de prison ferme chacun pour "entrée illégale" au Maroc. 29 autres, dont un mineur, sont poursuivis devant la justice marocaine.