Algérie: l'Aqmi revendique l'attaque meurtrière contre des gendarmes

1er juillet 2010 à 10h33 par La rédaction

ALGER (AFP)

Une embuscade qui a coûté la vie mercredi à onze gendarmes algériens dans le grand sud a été revendiquée par la branche maghrébine d'Al-Qaïda, alors que les Etats de la région veulent intensifier leur lutte contre les groupes islamistes et trafiquants en tous genres.

L'attaque s'est produite près de Tinzaoutine, à la frontière entre l'Algérie et le Mali, et les assaillants se sont ensuite réfugiés au nord malien, selon la presse algérienne.

Aucune information officielle n'a été publiée à Alger sur cette opération, la première de cette envergure lancée par un groupe de la mouvance islamique contre des forces armées algériennes depuis près d'un an.

Al-Qaïda au maghreb islamique (Aqmi) a revendiqué l'attaque, "dans un communiqué écrit et lancé sous formes de tracts jetés à la frontière entre le Mali et l'Algérie", a déclaré à l'AFP à Bamako une source sécuritaire étrangère dans le nord du Mali.

La presse algérienne attribue l'opération au groupe de Abou Zeïd, un des chefs d'Aqmi de la région où Mokhtar Belmoktar, un autre "émir" des groupes armés, est également actif.

Toujours active particulièrement en Kabylie, à l'Est d'Alger, Aqmi s'est aussi implantée ces dernières années dans le Sahel, vaste région désertique que se partagent l'Algérie, le Niger, le Mali et la Mauritanie notamment et lieu de trafics en tous genres, accusent régulièrement ces Etats frontaliers et des pays occidentaux.

Trafiquants, contrebandiers et islamistes radicaux, qui ont parfois des liens familiaux avec les tribus nomades, sont étroitement liés, affirmaient début juin des spécialistes interrogés par l'AFP en Mauritanie et en Europe.

Le paiement de rançons - fermement condamné par Alger - pour la libération de ressortissants étrangers enlevés par des groupes qualifiés de "maffieux" et revendus aux islamistes est devenue une source de financement pour Aqmi, accusaient ces spécialistes.

Deux Espagnols et un Français sont toujours détenus par les jihadistes.

"L'attentat, bien préparé, peut être pour Aqmi une façon de marquer sa présence autrement que par des enlèvements", estime un spécialiste algérien des questions sécuritaires sous couvert de l'anonymat.

La région du Sahel, "devenue zone de repli des groupes terroristes, présente aujourd'hui de réelles menaces" et "peut, à terme, devenir un espace propice pour l'expansion du terrorisme vers d'autres régions du continent et du monde", a prévenu le 25 juin le président algérien Abdelaziz Bouteflika, au cours d'une réunion du G8 avec l'Afrique à Muskoka (Canada).

Dénonçant aussi le trafic d'armes ou de drogues, M. Bouteflika avait alors demandé une aide internationale "dans les domaines particuliers du renseignement, de l'équipement et de la formation", tout en soulignant que les Etats de la région devaient "s'approprier" les problèmes de sécurité avec des "mesures concrètes de lutte antiterroriste".

Après plusieurs réunions en Algérie de hauts responsables militaires de la région, un comité d'état-major opérationnel conjoint entre l'Algérie, le Mali, la Mauritanie et le Niger a été installé le 21 avril à Tamanrasset, rappelle-ton.

Dès mercredi soir, les Etats-Unis ont réitéré son soutien à l'Algérie, "leader et partenaire essentiel dans le combat contre les forces de l'intolérance, qui essayent d'utiliser la violence et la peur pour imposer leurs croyances au reste du monde", a affirmé mercredi soir l'ambassadeur américain à Alger David D.Pearce.

"A travers une coopération élargie autour de la lutte contre le terrorisme (...) nous travaillons main dans la main pour mettre fin aux activités des terroristes et des criminels qui menacent nos deux nations et la région", a-t-il ajouté devant des invités.