Burkina: échanges entre l'armée et le président sur la situation sécuritaire

Par AFP

AFRICA RADIO

Le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a échangé avec le personnel de l'armée, en vue d'améliorer la lutte contre les groupes jihadistes qui frappent ce pays depuis 2015, a annoncé dimanche la présidence.

Au cours de diverses rencontres qui se sont déroulées à huis clos vendredi et samedi au palais présidentiel à Ouagadougou, M. Kaboré a échangé tour à tour avec le commandement, les officiers, les sous-officiers et les militaires du rang, indique un communiqué de la présidence.Le président Kaboré, qui occupe également les fonctions de ministre de la Défense depuis le dernier remaniement ministériel fin juin, a échangé "à bâtons rompus avec les hommes, afin de mieux jauger les problématiques qui se posent aux forces de défense et de sécurité", précise le texte. Le président ambitionne d'"améliorer le système de sécurité afin d'apporter les meilleures réponses dans la lutte contre le terrorisme", a expliqué une source sécuritaire qui a participé à l'une des rencontres. Il "a réaffirmé sa volonté d'adapter la stratégie de lutte sur le terrain, améliorer le temps de réaction, en misant notamment sur la rapidité d'intervention pour les opérations aériennes et terrestres menées par les troupes", a indiqué une autre source sécuritaire, saluant "ces échanges directs", les deuxièmes du genre après ceux de 2016. Dans un discours à la nation fin juin, le président Kaboré avait annoncé sa volonté de "consolider l'efficacité, l'unité et la cohésion du commandement, dans le respect de la discipline militaire" d'une armée mal formée et mal équipée qui ne parvient pas à contrer les attaques jihadistes régulières et de plus en plus meurtrières menées par des groupes liés au groupe Etat islamique et à Al-Qaïda.Le Burkina Faso, particulièrement dans le nord et l'est, est confronté depuis 2015 à ces attaques qui ont fait plus de 1.500 morts et contraint près de 1,5 million de personnes à fuir leur foyer.Ouagadougou, la capitale, a été frappée à trois reprises depuis 2016, avec un bilan total d'une soixantaine de morts. La dernière attaque, en mars 2018, avait dévasté l'état-major général des armées, en plein centre-ville.Depuis l'attaque début juin du village de Solhan (nord), la plus meurtrière depuis six ans et qui avait fait de 132 à 160 morts selon les sources, les manifestations de colère d'une population excédée se multiplient au Burkina.