Cameroun: les militants d'opposition arrêtés samedi libérés, d'autres arrêtés

28 octobre 2018 à 11h39 par AFP

AFRICA RADIO

La cinquantaine de militants d'opposition arrêtés samedi matin à Douala, au Cameroun, en marge d'une marche non autorisée contre les résultats de la présidentielle du 7 octobre, ont été libérés dans la soirée de samedi, mais plusieurs autres ont été arrêtés dimanche à Yaoundé, selon leur parti.

"Ils ont été libérés", a indiqué dimanche à l'AFP un membre du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) de Maurice Kamto, candidat malheureux à la présidentielle, arrivé deuxième avec 14,23% des voix derrière Paul Biya et qui ne reconnaît pas le résultat officiel des urnes.Samedi matin, une marche à Douala de militants de son parti a tourné court avec l'arrestation d'une cinquantaine de militants. Le siège du MRC à Douala a été "saccagé" par les forces de sécurité, selon le parti.Conduits à la Police judiciaire du quartier Bonanjo de Douala, les personnes interpellées, parmi lesquelles Me Michèle Ndoki, avocate de M. Kamto, ont été libérées dans la soirée.Un des militants du MRC a été admis samedi dans le service de chirurgie de l'hôpital Laquintinie de Douala. "Il est tombé d'une voiture de police", a indiqué dimanche un proche à l'AFP.Dimanche matin, d'autres militants du MRC ont été arrêtés à Yaoundé par les forces de sécurité: "Plusieurs résistants pacifiques arrêtés sur l'esplanade de la cathédrale Notre-Dame de Yaoundé ce matin", a déclaré sur les réseaux sociaux Olivier Bibou-Nissack, porte-parole de Maurice Kamto.Vendredi, le ministre de l'Administration territoriale, Paul Atanga Nji, avait prévenu que "toutes les tentatives de troubles à l'ordre public seraient traitées avec la plus grande fermeté"."L'administration a jusqu'alors fait preuve de retenue. Il est toutefois de mon devoir de prévenir que désormais nous n'allons tolérer aucun désordre", avait déclaré le ministre."Avec la proclamation des résultats (de la présidentielle), le processus est terminé", avait indiqué M. Atanga Nji en précisant que "les manifestations publiques (devaient) désormais se dérouler dans les conditions prévues par la loi".L'organisation de ces manifestations est soumise à une procédure de déclaration préalable auprès des autorités. Mais les demandes introduites par l'opposition et la société civile se soldent très souvent par des interdictions.Lundi, le Conseil constitutionnel avait proclamé les résultats de la présidentielle donnant, avec 71,28% des suffrages, Paul Biya vainqueur, à 85 ans dont 35 à la tête du Cameroun.Depuis 1982, Paul Biya règne en maître absolu au Cameroun, où il a tout verrouillé pour assurer son maintien à la tête du pays, s'appuyant sur l'administration et sur un parti-Etat, le RDPC qu'il a créé en 1985.