Conflit au Tigré: le Soudan s'attend à des milliers d'autres réfugiés éthiopiens

Par AFP

AFRICA RADIO

Quelque 5.000 réfugiés éthiopiens devraient arriver au Soudan voisin dans les prochaines 48 heures, a annoncé mercredi à l'AFP un responsable soudanais, des milliers de personnes continuant à fuir la région du Tigré pour échapper aux combats.

Le Tigré est le théâtre de violents combats depuis que le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, a envoyé l'armée en novembre 2020 contre les autorités régionales dissidentes, un conflit qui a fait des milliers de morts et provoqué une grave crise humanitaire."Nous nous attendons à ce qu'environ 5.000 demandeurs d'asile arrivent dans les prochaines 48 heures compte tenu de l'intensification des combats", a déclaré à l'AFP un responsable soudanais, se trouvant dans le centre de transit de Hamdayit, dans la province de Kassala, à la frontière orientale du Soudan.Les fortes pluies en Ethiopie et les crues de la rivière Sietet, qui sépare les deux pays, pourraient cependant entraver leur périple, trois réfugiés s'étant déjà noyés mardi, a-t-il ajouté par téléphone.Lundi, le gouvernement soudanais avait déjà annoncé que 3.000 Ethiopiens avaient traversé la frontière en provenance de la région éthiopienne d'Amhara (nord), voisine du Tigré. Au total, le conflit a entraîné l'afflux de quelque 60.000 personnes vers le Soudan, pays confronté à de sérieuses difficultés économiques.Le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies s'est dit la semaine dernière "extrêmement inquiet" de la situation humanitaire au Tigré et demandé un accès total pour permettre la distribution de l'aide.Selon le PAM, 5,2 millions de personnes, soit 91% de la population au Tigré, ont besoin d'une aide alimentaire d'urgence. Et plus de 400.000 personnes se trouvent en situation de famine dans la région, ce que conteste le gouvernement éthiopien.M. Abiy a proclamé la victoire fin novembre après la prise de la capitale régionale Mekele aux forces loyales aux autorités régionales dissidentes, issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). Mais les combats ont continué, et tourné en défaveur d'Addis Abeba dans ce conflit qui a déjà fait des milliers de morts.