Côte d'Ivoire: le camp Ouattara dit avoir découvert des "charniers" dans l'Ouest

2 avril 2011 à 7h13 par La rédaction

ABIDJAN (AFP)

Le gouvernement du président ivoirien reconnu par la communauté internationale Alassane Ouattara a affirmé samedi avoir découvert "de nombreux charniers" dans l'Ouest du pays, accusant les partisans du chef d'Etat sortant Laurent Gbagbo d'en être responsables. 

Le gouvernement de M. Ouattara "tient à informer (...) de la découverte de nombreux charniers dans l'Ouest du pays, notamment à Toulépleu, Bloléquin et Guiglo, dont les auteurs ne sont autres que les forces loyales, les mercenaires et les milices de M. Laurent Gbagbo", selon un communiqué transmis à l'AFP.

Ces accusations interviennent juste après l'annonce par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) qu'"au moins 800 personnes" ont été tuées mardi 29 mars lors de "violences intercommunautaires" à Duékoué, le grand carrefour de l'ouest ivoirien.

Le gouvernement Ouattara a d'autre part rejeté les accusations de l'ONU, qui a dit vendredi craindre de "graves violations des droits de l'homme" commises par les forces pro-Ouattara, en particulier dans l'Ouest.

"Nous disposons d'informations non confirmées faisant état de graves violations des droits de l'homme commises par les Forces républicaines de Côte d'Ivoire, les forces pro-Ouattara", avait déclaré le porte-parole du Haut commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, Rupert Colville.

Ces violences auraient été enregistrées "en particulier dans les régions de Guiglo, Daloa à l'ouest", avait-il précisé.

Le gouvernement Ouattara "rejette fermement ces accusations et dément toute implication des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI, pro-Ouattara) dans d'éventuelles exactions".

"Il convient de rappeler que le président de la République de Côte d'Ivoire et son gouvernement font du respect des droits de l'homme, la pierre angulaire de la politique gouvernementale", souligne-t-il.

Dans le passé, le camp Gbagbo a lui aussi accusé ses rivaux de commettre de nombreuses exactions sur les civils, notamment dans l'Ouest.

Les Forces républicaines, qui contrôlent le Nord du pays depuis 2002, ont lancé lundi une vaste et foudroyante offensive vers le Sud, qui les a menées jusqu'à Abidjan, où de violents combats ont eu lieu vendredi autour des derniers bastions de M. Gbagbo.