Décès de l'actrice nigérienne Zalika Souley à l'âge de 74 ans

28 juillet 2021 à 19h53 par AFP

AFRICA RADIO

La doyenne des actrices du Niger, Zalika Souley, est décédée mardi à Niamey, à l'âge de 74 ans, "des suites de maladie", a-t-on appris mercredi auprès de son entourage.


"Nous avons la profonde douleur de vous annoncer le décès de Hadja Zalika Souley le 27 juillet 2021 des suites d'une longue maladie", ont indiqué dans un communiqué des proches de l'actrice.La défunte, née en 1947 à Niamey, sur les rives du fleuve Niger, a été inhumée mercredi après-midi, a expliqué à l'AFP un autre proche.Zalika Souley a été attirée toute jeune par le cinéma, devenant la première actrice professionnelle noire du 7e Art.Au milieu des années 60, elle se lance dans le cinéma encore embryonnaire au Niger, ex-colonie française fraîchement indépendant, s'attirant les critiques de son entourage.En 1966, Zalika joue son premier rôle dans "Le retour d'un aventurier", un western à l'africaine du réalisateur nigérien Moustapha Alassane. Dans ce film, montée sur un cheval blanc, l'actrice, pantalon, chapeau et pistolet au poing, embarquait dans une ambiance de Far West aux côtés de jeunes garçons.Zalika s'est vue également confier de principaux rôles féminins comme dans "Cabascabo" (1969) où elle incarnait l'amante d'un vétéran de la guerre du Vietnam ou "Le Wazzou polygame" (1970), où, ivre de jalousie, l'actrice qui ciblait la troisième nouvelle épouse de son mari, assassinait par erreur sa demoiselle d'honneur."Le Wazzou polygame" avait remporté le premier "Etalon de Yennenga" au Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou en 1972 (FESPACO) et le prix de la critique internationale au Festival du film francophone de Dinard la même année.Dans "Si les cavaliers" (1982) Zalika enfila le rôle d'une espionne à la solde de colons français.En 1983, dans Pétanqui, une fiction ivoiro-franco-nigérienne, Zalika avait joué aux côtés des acteurs sénégalais Douta Seck et ivoirien Sidiki Bakaba."Au début, je jouais pour de l'amusement", mais "ce que j'ai toujours reçu (...) et qui est plus que de l'argent, c'est l'honneur (...)", avait-elle confié en 2009 à un journal ivoirien, en marge d'un Festival international de film à Abidjan, en Côte d'Ivoire.En 2003, dans un documentaire "Allèèssi" (destin en langue Djerma), la réalisatrice nigérienne, Rahmatou Keïta a "rendu hommage" à Zalika, en retraçant ses périodes de gloire sur le grand écran.