Egypte: le nouveau chef de l'église copte désigné par un enfant

4 novembre 2012 à 6h31 par La rédaction

LE CAIRE (AFP) - (AFP)

Le nom du 118ème patriarche de l'église copte orthodoxe d'Egypte sera connu dimanche en milieu de journée à l'issue d'un tirage au sort effectué par un enfant parmi les trois candidats encore en lice, deux évêques et un moine.

Le nouveau patriarche succèdera à Chenouda III, décédé en mars après quatre décennies à la tête de la plus grande communauté chrétienne du Moyen-Orient, dans un climat d'inquiétude face à la montée de l'islamisme.

La procédure de succession, codifiée en 1957, prévoit qu'un enfant âgé de 5 à 8 ans soit choisi pour tirer au sort, les yeux recouverts d'un bandeau, parmi trois feuilles de papier portant chacune le nom de l'un des postulants.

Les trois candidats, pré-sélectionnés lors d'un vote à bulletin secret le 29 octobre par un collège de près de 2.500 religieux et personnalités coptes laïques sont les évêques Raphaël (54 ans) du Caire et Tawadros (60 ans) de Beheira (delta du Nil), ainsi que le moine Raphaël Ava Mina (70 ans).

Le choix de l'enfant, censé représenter la volonté divine, doit intervenir en milieu de journée, lors d'une cérémonie de plusieurs heures à la cathédrale Saint Marc du Caire.Afin d'éviter toute contestation, la procédure sera publique et filmée, a annoncé l'église copte.

L'intronisation du "pape d'Alexandrie, de toute l'Afrique et du siège de Saint-Marc" aura lieu le 18 novembre.

Les Coptes représentent de 6 à 10% des 83 millions d'Egyptiens, et leur Eglise remonte aux premiers temps de la chrétienté.

La succession de Chenouda III survient dans un climat d'inquiétude parmi les chrétiens d'Egypte face aux progrès de l'islamisme, qui se sont traduits par l'élection en juin d'un président issu des Frères musulmans, Mohamed Morsi.

La multiplication de violences à caractère confessionnel a accru cette inquiétude.Le 31 décembre 2010, un attentat avait ainsi fait une vingtaine de morts dans une église d'Alexandrie (nord).

Les Coptes s'estiment depuis longtemps victimes de discriminations et d'une sous-représentation au sein du gouvernement et de la haute fonction publique.