Ethiopie: un journaliste et 23 militants condamnés pour terrorisme

Par La rédaction

ADDIS ABEBA (AFP) - (AFP)

Un tribunal éthiopien a condamné vendredi un journaliste à 18 ans de prison pour "terrorisme" et 23 autres militants à des peines allant de huit ans d'emprisonnement à la perpétuité dans un procès très critiqué par des associations de défense des libertés.

Le journaliste Eskinder Nga, déjà incarcéré à maintes reprises pour ses critiques contre le régime éthiopien, a été condamné à 18 ans de prison.

L'opposant Andualem Arage a été condamné à la perpétuité à cause "de l'importance de l'affaire" après avoir été reconnu coupable le mois dernier de participation à une organisation terroriste, a déclaré le juge Hussein Yimer en rendant la sentence.

"Le tribunal l'a condamné à la perpétuité incompressible", a indiqué M. Hussein le considérant comme "le chef ou le décideur d'une organisation terroriste".

Le journaliste Eskinder été reconnu coupable d'avoir coopéré avec l'organisation Ginbot 7, considéré comme un groupe terroriste en Ethiopie.

"Il (M.Eskinder) a coopéré avec le Ginbot 7 et, aux yeux du tribunal, c'est un facteur aggravant", a déclaré le juge.

"Au vu des circonstances dans lesquelles l'infraction pénale a été commise, une peine de 18 ans de prison sans possibilité de libération conditionnelle a été décidée", a-t-il poursuivi.

Les deux hommes ont salué les membres de leur famille quand ils sont rentrés dans le tribunal où des amis et les familles des militants étaient présents tout comme des journalistes et des diplomates.

Un avocat de la défense, Abebe Guta, a dénoncé le jugement ajoutant que ses clients n'avaient reçu un procès équitable.

M. Eskinder va faire appel, a indiqué l'avocat, tandis que M. Andualem et les autres co-accusés envisagent, eux aussi, de faire appel devant la Cour suprême.Ils ont 45 jours pour cela.

Sur les 24 accusés, qui avaient été reconnus coupables par le tribunal le mois dernier, seulement huit étaient présents.Les 16 autres ont été jugés par contumace.

Le journaliste et l'opposants Andualem Arage, ont en particulier été reconnus coupables de "participation à une organisation terroriste", de "planification, préparation, complot, incitation et tentative d'acte terroriste".

Ils étaient accusés d'avoir commenté le printemps arabe dans les médias pour promouvoir des manifestations contre le gouvernement éthiopien.