France: Fillon a emprunté un avion à Moubarak pour ses vacances de Noël

Par La rédaction

PARIS (AFP)

Le Premier ministre français François Fillon a été contraint de confirmer mardi que le président égyptien Hosni Moubarak avait mis à sa disposition un avion et l'avait hébergé lors de vacances avec sa famille en Egypte à Noël dernier.

François Fillon a confirmé, dans un communiqué, cette information de l'hebdomadaire le Canard Enchaîné, alors que son gouvernement est déjà confronté à une polémique sur les vacances en Tunisie de la chef de la diplomatie Michèle Alliot-Marie.

François Fillon et sa famille se trouvaient en Egypte, exactement à la période pendant laquelle Michèle Alliot-Marie, la chef de la diplomatie, et sa famille séjournaient en Tunisie.

La révolte sociale et politique qui allait conduire à la chute du président Zine El Abidine Ben Ali avait commencé environ deux semaines plus tôt, le 17 décembre.En Egypte, les manifestations réclamant le départ du président Moubarak ont commencé le 25 janvier.

Dans leur communiqué, les services de François Fillon précisent les conditions de ses vacances en Egypte.

"Le Premier ministre a été hébergé lors de ce séjour par les autorités égyptiennes", est-il écrit."Le Premier ministre, toujours à l'invitation des autorités égyptiennes, a emprunté un avion de la flotte gouvernementale égyptienne pour se rendre d'Assouan à Abou Simbel où il a visité le temple", est-il précisé.

"Il a également effectué une sortie en bateau sur le Nil dans les mêmes conditions", a ajouté le communiqué.

Dans son communiqué, François Fillon précise qu'il s'est rendu en Egypte dans un avion de la flotte gouvernementale française, avec sa famille.

"S'agissant d'un déplacement privé, son billet et celui des membres de sa famille lui sont facturés, sur ses deniers personnels, au tarif établi par l'armée de l'air, conformément à la règle qu'il s'est lui-même fixée et qu'il applique à chaque déplacement privé", dit le communiqué.

Ce n'est qu'une fois en Egypte que le chef du gouvernement français a accepté les invitations de Hosni Moubarak.

De son côté, Michèle Alliot-Marie affronte en France depuis une semaine des appels à sa démission, pour avoir utilisé par deux fois l'avion privé d'un ami tunisien lié au clan Ben Ali, durant des vacances fin 2010 en Tunisie.

Elle avait déjà été sévèrement attaquée pour avoir proposé le 11 janvier, trois jours avant la chute de Zine Ben Ali, la coopération sécuritaire de la France à l'ancien régime tunisien.

"La polémique, ça suffit!", a-t-elle lancé mardi devant l'Assemblée nationale."Les mensonges, les insinuations malveillantes, les contre-vérités ne sont pas dignes du débat politique français (...) Je suis honnête et soucieuse d'éthique, toute ma vie politique en témoigne", a-t-elle ajouté.