Gabon: le général Ntumpa, accusé de complot, affirme son innocence

22 février 2011 à 17h28 par La rédaction

LIBREVILLE (AFP)

Le général Jean-Philippe Ntumpa Lebani, ex-dirigeant du Conseil national de sécurité du Gabon, accusé de complot a affirmé mardi son innocence devant la Cour de Sûreté de l'Etat.

Incarcéré depuis septembre 2009, le général Ntumpa, initialement accusé de "tentative d'atteinte à la sûreté de l'Etat" avec cinq co-prévenus, est jugé pour "complot" pendant la transition qui a suivi la mort du président Omar Bongo Ondimba en juin 2009.Ce "complot" élaboré à l'insu de l'intéressé aurait visé à placer Ali Bongo Ondimba, au pouvoir.

Ce dernier a ensuite été élu président après des élections contestées par l'opposition.

"Tout ce qui m'est reproché, je ne le reconnais pas.Je n'ai jamais fomenté un complot (...) Je n'ai jamais fomenté un coup d'Etat," a affirmé le général Ntumpa.

Le commissaire du gouvernement Eusebe Ondo Ndong a toutefois rappelé que "lors de ses auditions, il (le général Ntuma) a bel et bien déclaré qu'il avait l'intention d'installer Ali Bongo Ondimba dans un scénario à la +togolaise+".

Lors de son passage à la barre pendant plus de deux heures, le général Ntumpa a néanmoins reconnu: "L'idée (d'un coup à la togolaise) est venue en moi, mais n'ayant jamais vu Ali Bongo Ondimba, l'idée appartient au passé (...) Il fallait d'abord rencontrer l'autorité compétente pour qu'elle en décide".

Egalement incarcérés depuis 2009, les lieutenants Emile Akandas Areno et Cédric Boukoumbi comparaissaient aussi, ainsi que le commandant Marcel Roger Mombert, le capitaine Juste Parfait Oura Amegue et le lieutenant Harold Ndoguinot, laissés libres, et qui se sont constitués prisonniers dimanche à la demande de la Justice.

Le procès a mis en lumière des pratiques "courantes" dans l'armée, et notamment au sein de la Garde républicaine (GR), au moment des périodes électorales: le versement de primes en nature aux militaires.

Ainsi, le général Ntumpa a-t-il reconnu avoir versé en liquide au total 1,4 million de francs CFA (2.150 euros) aux lieutenants Akandas et Boukoumbi ainsi qu'au capitaine Oura Amegue.Selon lui, il ne s'agissait pas d'argent versé en vue d'un complot mais de primes "pour renforcer la cohésion" alors qu'il y avait des tensions éthniques au sein de la GR et dans l'armée.

Les deux lieutenants ont reconnu les faits, le lieutenant Boukoumbi précisant que ces pratiques étaient courantes et qu'il avait déjà reçu des primes similaires à plusieurs reprises, notamment en 2005 (élection présidentielle) et en 2008.Le général Ntumpa et le lieutenant Boukoumbi ont aussi révélé que chaque soldat de l'armée avait reçu des primes d'environ 6.500 F CFA (10 euros) à la mort d'Omar Bongo mais que ceux de la GR avaient reçu 75.000 (115 euros)."La GR est en quelque sorte chouchouté", a concédé le lieutenant Boukoumbi.

Selon une source proche de l'armée, il s'agit d'une pratique courante pour s'assurer "la fidélité des troupes" lors de "périodes chaudes".

Le procès se poursuit mercredi