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Guinée: inhumation d'un manifestant tué pendant les protestations anti-Condé

17 janvier 2020 à 18h25 Par AFP
Un jeune manifestant tué en Guinée lundi au cours d'une vague de protestations contre un éventuel troisième mandat du président Alpha Condé a été inhumé vendredi dans une banlieue de Conakry, en présence de nombreux partisans et responsables de l'opposition, a constaté un journaliste de l'AFP. Elève en classe de terminale, Thierno Mamadou Sow, 21 ans, a été tué le 13 janvier à Conakry dans des heurts avec les forces de l'ordre. Au moins trois manifestants morts entre le 13 et le 15 janvier au cours de manifestations à travers le pays marquées par des affrontements entre opposants et forces de sécurité, des saccages de locaux de la police ou de la gendarmerie et des attaques contre des bâtiments officiels.Des heurts isolés se sont produits vendredi en marge de l'inhumation du jeune homme, mais dans un autre secteur de la banlieue de Conakry, selon un journaliste de l'AFP."Je suis toujours peiné de me retrouver à la morgue pour les levées de corps de ces jeunes lâchement assassinés par le gouvernement guinéen. Ce que réclame le peuple guinéen n'est pas la mer à boire, c'est juste le respect des lois et des principes qui régissent notre société", a déclaré l'opposant Abdoulaye Oumou Sow lors de la cérémonie, en présence du chef de file de l'opposition politique, Cellou Dalein Diallo.Le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), qui mène les protestations, a annoncé mercredi soir la suspension jusqu'à mardi de cette nouvelle vague de manifestations, pour laisser la place à l'enterrement des victimes et "permettre aux Guinéens de se réapprovisionner" en produits d'alimentation.Depuis la mi-octobre, le FNDC a fait descendre dans la rue à plusieurs reprises des dizaines parfois des centaines de milliers de Guinéens dans ce petit pays de 13 millions d'habitants. Au moins 23 civils ont été tués, ainsi qu'un gendarme, et des dizaines de personnes arrêtées.L'opposition est convaincue que le chef de l'Etat, élu en 2010 et réélu en 2015, entend se représenter fin 2020 alors que la Constitution limite à deux le nombre de mandats présidentiels. Elle a été confortée dans ses craintes en décembre quand M. Condé, 81 ans, a indiqué qu'il comptait soumettre aux Guinéens un projet de nouvelle Constitution, même s'il ne s'est pas exprimé sur ses intentions.