L'ONU dénonce 42 exécutions extra-judiciaires au Soudan du Sud

Par AFP

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La Mission de l'ONU Soudan du Sud (Unmiss) a dénoncé lundi les exécutions extra-judiciaires qui ont coûté la vie à 42 personnes, dont de jeunes garçons, appelant les autorités à enquêter sur ces actes.

Le pays, qui a récemment marqué le dixième anniversaire de son indépendance, a connu une guerre civile entre 2013 et 2018 entre les forces du président Salva Kiir et celles de son rival Riek Machar qui a fait plus de 380.000 morts, déplacé environ 4 millions d'habitants - soit le tiers de la population - et provoqué une grave crise humanitaire.Depuis mars 2021, les enquêteurs de la division des droits humains de l'Unmiss ont indiqué avoir recensé le meurtre de 29 personnes accusées de crimes dans l'État reculé pastoral de Warrap (Nord-Ouest), théâtre de conflits sanglants entre groupes ethniques, et dont le président Kiir est originaire."Les victimes, dont des hommes âgés et de jeunes garçons, ont été sorties de prison et tuées sans avoir droit à un procès équitable", selon la même source."Des témoins ont indiqué qu'une partie de ces hommes avaient été emmenés dans des endroits reculés, attachés à des arbres et abattus par des pelotons d'exécution. Dans certains cas, leurs corps auraient été laissés sur les arbres pour servir d'exemple", a affirmé l'Unmiss dans un communiqué.L'ONU a également fait état de 13 exécutions sommaires perpétrée depuis mi-juin sur ordre de responsables locaux dans l'Etat des Lacs (centre), situé au sud de celui de Warrap, et en proie lui aussi à des conflits."Les personnes accusées de crimes ne devraient pas être soumise aux jugements arbitraires du gouvernement ou de chefs traditionnels décidant de leur exécution devant leur famille et leur communauté", a affirmé le chef de la Mission de l'ONU, Nicholas Haysom, dans un communiqué.L'ONU a précisé avoir demandé au ministère de la Justice d'enquêter sur ces exécutions et avoir fait part de ses préoccupations directement à des responsables locaux des deux Etats concernés.M. Haysom a ajouté que l'Unmiss travaillait avec le gouvernement et les tribunaux pour leur permettre d'envoyer des juges là où le besoin s'en fait sentir."Il y a une forte aspiration des populations à la reddition des comptes et à l'accès à la justice. Mais les exécutions extra-judiciaires ne sont pas une solution pour rétablir la loi et l'ordre", a dit M. Haysom.Après cinq années de conflit, un accord de paix a été signé en septembre 2018 entre Salva Kiir et Riek Machar, qui depuis 2020 dirigent le pays dans une fragile cohabitation, respectivement en tant que président et vice-président.