Les Etats-Unis réclament la fin des violences en Egypte et insistent sur la transition

Par La rédaction

WASHINGTON (AFP)

Les Etats-Unis ont fermement condamné mercredi les violences "révoltantes" contre les manifestants en Egypte et ont insisté sur la nécessité pour le président Hosni Moubarak d'engager sans délai la transition du pouvoir, sans toutefois aller jusqu'à l'ultimatum.

Le président Barack Obama et son administration "condamnent fermement la violence révoltante et déplorable qui a eu lieu dans les rues du Caire", a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche, Robert Gibbs, alors que le bilan des affrontements dans la capitale égyptienne s'établissait à au moins un mort et des centaines de blessés.

"Si le gouvernement est à l'origine de cette violence, elle doit s'arrêter immédiatement", a prévenu M. Gibbs lors d'un point de presse, en soulignant que M. Obama était régulièrement tenu au courant de l'évolution sur le terrain par son équipe de sécurité nationale.

Le porte-parole de la diplomatie américaine, Philip Crowley, a pour sa part qualifié ces violences de "dangereuses" pour l'Egypte et les aspirations de ses habitants.Il a fermement mis en garde contre l'usage de la force.

"Après des jours de manifestations pacifiques au Caire et dans d'autres villes d'Egypte, nous assistons aujourd'hui à des attaques violentes contre des manifestants pacifiques et des journalistes", a remarqué M. Crowley dans un communiqué.

Selon ce porte-parole, "ces attaques ne sont pas seulement dangereuses pour l'Egypte: elles constituent une menace directe contre les aspirations des Egyptiens"."L'usage de la violence pour intimider les Egyptiens doit cesser.Nous appelons fermement à la retenue", a-t-il conclu.

Plus tôt mercredi, M. Crowley avait déjà écrit sur son compte Twitter que "le chemin de l'Egypte vers le changement démocratique doit être pacifique".

De violents heurts entre pro et anti Hosni Moubarak ont éclaté mercredi au Caire, alors que l'opposition a maintenu un appel à une mobilisation massive vendredi pour exiger le départ immédiat du président.

Un militaire a été tué dans ces affrontements, a indiqué la télévision d'Etat, tandis que des sources médicales évoquaient un bilan d'au moins 500 blessés.

Le président Moubarak fait face depuis neuf jours à un mouvement de contestation sans précédent qui exige son départ immédiat.Le dirigeant octogénaire a affirmé mardi soir qu'il resterait au pouvoir jusqu'à la présidentielle de septembre, à laquelle il a promis de ne pas être candidat.

M. Obama a indiqué mardi avoir dit à M. Moubarak qu'une transition politique pacifique et calme devait débuter "maintenant", s'abstenant toutefois d'exiger son départ immédiat, fidèle à la ligne de Washington depuis le début de la crise, selon laquelle ce n'est pas à un pays étranger de déterminer le futur gouvernement de l'Egypte.

Entre la nécessité de sauvegarder les liens avec un allié-clé des Etats-Unis au Moyen-Orient et l'appel au respect des droits des manifestants, les déclarations des responsables américains mercredi n'ont pas traduit de hausse spectaculaire du ton contre M. Moubarak.

"Maintenant veut dire maintenant", a répété mercredi M. Gibbs, qui, interrogé pour savoir si la Maison Blanche estimait que M. Moubarak était un "dictateur", a répondu que le dirigeant avait "l'occasion de montrer au monde ce qu'il est exactement en entamant cette transition maintenant".

Mais l'Egypte, par la voix de son porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a rejeté mercredi les appels à une transition immédiate du pouvoir.

"Ce que disent des parties étrangères sur +une période de transition commençant immédiatement+ en Egypte est refusé", a déclaré Hossam Zaki dans un communiqué, estimant que cela "vise à enflammer la situation intérieure en Egypte".