Libye: des combats autour de Brega, la coalition gênée par le mauvais temps

1er avril 2011 à 7h58 par La rédaction

PRES DE BREGA (Libye) (AFP)

 Des combats opposaient vendredi rebelles et forces fidèles au dirigeant Mouammar Kadhafi près du site pétrolier de Brega, dans l'est de la Libye, alors que le mauvais temps gêne depuis plusieurs jours la coalition dans ses raids aériens.

La ligne de front se situait dans la matinée aux environs de Brega, mais pour la première fois les journalistes ne pouvaient approcher la zone depuis Ajdabiya (80 km de Brega), selon des reporters de l'AFP.

 Il était impossible dans l'immédiat de savoir de source indépendante qui contrôlait Brega (800 km à l'est de Tripoli).

Selon le plus haut gradé américain, l'amiral Mike Mullen, "le plus gros problème (de la coalition) ces trois ou quatre derniers jour a été le temps".

"Cela plus qu'autre chose a réduit, sans l'éliminer, l'efficacité" des avions chargés des frappes, qui parfois ne peuvent pas "voir les cibles avec précision", a-t-il expliqué.

Les conditions météorologiques ont permis aux forces loyalistes de mener leur contre-offensive vers l'Est alors que les lignes rebelles étaient étirées, selon lui.

Le chef de la diplomatie allemande, Guido Westerwelle, a estimé à Pékin que le conflit ne pourrait pas être résolu par les armes et appelé Mouammar Kadhafi à un cessez-le-feu.

"La situation en Libye ne peut pas être résolue par des moyens militaires.Il peut seulement y avoir une solution politique et nous devons mettre en route un processus politique", a-t-il déclaré.

"Cela devrait démarrer avec un cessez-le-feu respecté par Kadhafi pour pouvoir démarrer un processus de paix", a ajouté M. Westerwelle.

Si ses troupes ont marqué des points sur le terrain ces derniers jours, Mouammar Kadhafi a en revanche subi un revers sur le plan politique avec le départ pour Londres, annoncé mercredi soir, de son ministre des Affaires étrangères Moussa Koussa, une des principales figures du régime.

"Sa démission montre que le régime de Mouammar Kadhafi, qui a déjà enregistré des défections significatives, est divisé, sous pression et s'effondre de l'intérieur", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie britannique, William Hague."Il s'entretient actuellement de son plein gré avec des responsables britanniques".

Cette défection est "un coup dur" pour Kadhafi et montre que l'entourage du dirigeant n'a plus confiance en son régime, a estimé un porte-parole de la Maison Blanche.

Moussa Koussa, 59 ans, est connu pour avoir activement participé ces dernières années au retour de la Libye dans le concert des nations fréquentables.Il avait été nommé ministre en mars 2009, après avoir été chef des services de renseignements de 1994 à 2009.

Le porte-parole du régime, Moussa Ibrahim, a confirmé la démission de M. Koussa, en soulignant que le régime "ne dépendait pas d'individus".Il a assuré que Kadhafi et ses enfants resteraient dans le pays "jusqu'à la fin".

Le quotidien britannique The Guardian a rapporté qu'un proche conseiller du clan Kadhafi était en pourparlers avec le gouvernement britannique.Mais le Foreign Office s'est refusé à commenter l'information selon laquelle des responsables britanniques avaient rencontré Mohammed Ismail, proche d'un des fils de Kadhafi, Saïf al-Islam, pour des discussions confidentielles.

Jeudi, le colonel Kadhafi avait affirmé que les dirigeants occidentaux avaient "décidé de lancer une seconde croisade entre musulmans et chrétiens à travers la Méditerranée".

"Ils ont commencé une chose grave qu'ils ne peuvent contrôler et qui sera hors de leur contrôle quels que soient les moyens de destruction dont ils disposent", avait-il dit.

L'Otan a pris jeudi matin le commandement de toutes les opérations, assumées depuis le 19 mars par la coalition menée par les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne.

Selon son secrétaire général Anders Fogh Rasmussen, la mission de l'alliance sera accomplie "quand il n'y aura plus de menaces contre la population civile", mais il est impossible de dire à quel moment cela sera le cas.

Il s'est opposé à l'idée d'armer les rebelles, estimant que l'Otan intervient militairement "pour protéger le peuple libyen, et non pour armer le peuple".

Sur le plan humanitaire, un navire humanitaire, en provenance de Malte avec 150 tonnes d'aide médicale et alimentaire, a pu apporter un soutien jeudi aux habitants de Misrata, assiégée depuis plus de 40 jours par les loyalistes, selon un journaliste de l'AFP à bord.

Quelque 7.000 personnes, venues pour la plupart du continent africain, sont par ailleurs prises au piège dans cette ville, la troisième du pays, où elles vivent dans un camp de fortune.