Maroc: appel de RSF pour la libération d'un journaliste sahraoui

Par AFP

AFRICA RADIO

L'ONG Reporters sans frontières (RSF) a demandé vendredi la libération du journaliste sahraoui Mohamed Lamine Haddi, emprisonné depuis dix ans au Maroc et qui est "en danger de mort" à la suite d'une grève de la faim.

"Nourri de force après une grève de la faim de 78 jours, le journaliste sahraoui (...) est dans un état de santé particulièrement préoccupant", affirme RSF dans un communiqué, appelant à "faire prévaloir le principe d'humanité et à le libérer au plus vite".Incarcéré depuis le 20 novembre 2010, condamné à 25 ans de prison en 2013 pour le meurtre de membres des forces de l'ordre, Mohamed Lamine Haddi est un collaborateur de la chaîne de télévision de la République arabe sahraouie démocratique (RASD).La RASD a été proclamée en 1976 par le Front Polisario qui milite pour l'indépendance du Sahara occidental, territoire qu'il se dispute --avec l'aide de l'Algérie-- depuis 45 ans avec le Maroc.Le journaliste --considéré par le Maroc comme un militant indépendantiste-- a entamé une grève de la faim illimitée le 13 janvier pour dénoncer les mauvais traitements dont il fait l'objet. Il est nourri de force par une sonde nasogastrique depuis la semaine dernière, selon RSF.Le Conseil national des droits de l'homme (CNDH), un organisme officiel, a affirmé le 3 mars que le prisonnier n'avait "observé aucune grève de la faim" et que son état de santé était "normal".M. Haddi avait été arrêté après avoir couvert le démantèlement par les forces marocaines du campement de Gdim Izik, près de Laâyoune, la plus grande ville du Sahara occidental, où quelque 15.000 Sahraouis s'étaient installés pour protester contre leurs conditions de vie.L'intervention avait dégénéré en violents affrontements puis en émeute à Laâyoune. Selon Rabat, onze membres des forces de l'ordre ont été tués et plusieurs dizaines d'autres blessés.A la suite de ces heurts, vingt-trois militants sahraouis ont été condamnés par un tribunal militaire marocain en 2013 à des peines allant de 20 ans de prison à la perpétuité.Le Maroc et le Front Polisario se sont accusés mutuellement d'avoir provoqué les affrontements.