Mozambique: insécurité alimentaire croissante liée à l'insurrection jihadiste

7 septembre 2020 à 11h41 par AFP

AFRICA RADIO

Des dizaines de milliers de personnes sont privées de toute aide humanitaire dans le nord du Mozambique, en raison de l'intensification de l'insurrection jihadiste qui accable cette région depuis trois ans, a alerté lundi la directrice régionale du Programme alimentaire mondial (PAM).

L'insécurité alimentaire y devient "particulièrement préoccupante", a expliqué Lola Castro, lors d'un point-presse à Johannesburg, précisant que sur les quelque 250.000 déplacés de la région, seuls 180.000 pouvaient être aidés par les ONG et autres agences de l'ONU.Le PAM agit dans la région de Cabo Delgado, tout au nord du Mozambique, depuis "les premiers 5.000 déplacés" en 2017, du côté de Mocimboa da Praia et Palma. Mais la région est devenue ces derniers mois "une très forte priorité", en termes d'insécurité alimentaire."Dans certains districts du nord-est, l'aide n'est pas toujours possible" et le PAM travaille à améliorer notamment ses capacités logistiques "pour atteindre les inatteignables" et leur fournir "aide alimentaire, mise à l'abri et protection", a-t-elle expliqué.Le PAM et d'autres acteurs internationaux sur le terrain s'inquiètent d'"une régionalisation du conflit, son extension notamment vers la Tanzanie", a-t-elle ajouté.Sur l'ensemble de l'Afrique australe, l'insécurité alimentaire pourrait affecter -- "le chiffre est ahurissant" -- 44,8 millions de personnes (contre 41,2 l'an dernier) entre les prochains mois et 2021, a mis en garde Mme Castro , sous l'effet conjoint de la sécheresse et des difficultés économiques liées à la pandémie du coronavirus."Nous allons assister à une insécurité alimentaire que nous n'avons pas connu depuis plusieurs années", a-t-elle ajouté. Le Zimbabwe est le pays le plus touché, avec un doublement attendu des personnes en insécurité alimentaire d'ici la fin de l'année, devant la Zambie et le Malawi.Dans les prochains mois, les villes vont être plus fortement touchées. "De nombreux pays demandent déjà au PAM et aux autres agences de l'ONU une aide pour leurs pauvres urbains, qui n'ont plus de revenus pour assurer un budget alimentaire minimal, ce qui n'était pas le cas avant", a-t-elle fait valoir.