Ouganda: Museveni annonce un premier cas d'Ebola à Kampala

Par La rédaction

KAMPALA (AFP) - (AFP)

La fièvre hémorragique due au virus Ebola, qui sévit depuis début juillet dans l'ouest de l'Ouganda, a fait son apparition dans la capitale Kampala où au moins un patient est décédé, a annoncé lundi le président ougandais Yoweri Museveni.

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a confirmé un décès dû à ce virus hautement contagieux et mortel dans la capitale, où vivent environ 1,5 million d'habitants, tout en précisant que personne n'avait néanmoins contracté la maladie à Kampala, la victime l'ayant rejoint pour se faire soigner.

Jamais jusqu'ici le virus Ebola n'a frappé une capitale ou métropole d'importance dans le monde, toujours selon l'OMS.En Ouganda, une jeune fille était décédée en mai 2011 à l'hôpital de Bombo, à 35 km au nord de Kampala, mais le virus ne s'était pas propagé.

L'épidémie actuelle, qui a éclaté début juillet dans le district de Kibaale, à environ 200 km de la capitale et une cinquantaine de la frontière avec la République démocratique du Congo (RDC), s'est propagée dans des villages alentour et "au moins un ou deux" malades ont été enregistrés à l'hôpital de Mulago, à Kampala, a expliqué le président Museveni, faisant état d'un décès.

"Le ministère de la Santé cherche à localiser tous ceux ayant été en contact avec les victimes.Les sept médecins et les 13 membres du personnel de santé qui se sont occupés de l'un de ceux qui sont arrivés à Mulago et qui est mort sur place ont par exemple été placés en quarantaine", a-t-il expliqué.

La ministre ougandaise de la Santé, Christine Ondoa, a indiqué que la victime décédée le 27 juillet à l'hôpital de Mulago était "une aide-soignante qui s'était occupée de victimes à l'hôpital de Kagadi", dans le district de Kibaale, et a confirmé qu'elle avait été envoyée à Kampala après être tombée malade.

"Sa fille de trois mois est également décédée après avoir été admise à l'hôpital de Kagadi le 28 juillet", a-t-elle annoncé.

Ni traitement, ni vaccin

Plus prudent, dans l'attente de résultats de tests, le Commissaire ougandais chargé du contrôle des maladies, Dennis Lwamafa, a souligné que l'aide-soignante était pour l'heure seulement "présumée" morte du virus Ebola.

Il a précisé qu'elle s'était rendue à Kampala par ses propres moyens, vraisemblablement en transports en commun, et que des mesures avaient été prises pour retracer son parcours.

Jusqu'ici personne n'a contracté la maladie dans la capitale, a répété Mme Ondoa, mais un nombre non spécifié de membres du personnel médical à Mulago ayant été en contact avec cette patiente sont, selon elle, non pas en quarantaine, mais sous surveillance, de même que 34 employés de Kagadi.

"L'hôpital de Mulago est en train de réactiver une unité d'isolement pour accueillir tout cas enregistré à Kampala et dans les districts voisins", a-t-elle assuré.

Ebola a tué 37 personnes lors d'une épidémie entre fin 2007 et début 2008 dans l'ouest de l'Ouganda et au moins 137 autres lors d'une autre épidémie en 2000, cette fois dans le nord du pays.

La nouvelle épidémie a jusqu'ici fait 14 morts, selon l'OMS et le ministère ougandais de la Santé.

M. Museveni a appelé la population "à rapporter en priorité tous les cas ressemblant à Ebola, c'est-à-dire fièvres importantes, vomissements, parfois diarrhées accompagnées de saignements".

"Je vous appelle à être vigilants, évitez de serrer des mains, ne vous chargez pas d'enterrer quelqu'un décédé de symptômes ressemblant à Ebola mais appelez les travailleurs de santé car ils savent comment faire", a-t-il expliqué.

"Evitez la promiscuité parce que la maladie peut aussi se transmettre sexuellement", a conclu le président, en souhaitant "bonne chance" à ses concitoyens."Que Dieu fasse que les âmes de ceux qui sont morts reposent dans la paix éternelle," a-t-il ajouté.

La fièvre hémorragique Ebola tue entre 25 et 90% des malades, selon l'OMS.Il n'existe ni traitement ni vaccin.La transmission s'effectue par contact direct avec le sang, les secrétions corporelles et la manipulation sans précaution de cadavres contaminés.

Le virus tire son nom d'une rivière du nord de la RDC où il a été repéré pour la première fois en 1976, entre ce qui était alors le Zaïre et le Soudan.

Depuis 1976, une quinzaine d'épidémies ont été enregistrées en Afrique - en RDC, Ouganda, dans le sud du Soudan, au Gabon et Congo -, touchant plus de 1.800 personnes et faisant plus de 1.300 morts, selon l'OMS.