RDC: l'opposant Katumbi condamné à 3 ans de prison

Par La rédaction

Lubumbashi (RD Congo) (AFP)

L'opposant congolais Moïse Katumbi, candidat déclaré à la présidentielle, a été condamné mercredi à une peine de trois ans de prison, un mois après son départ à l'étranger, sous la menace d'un autre procès pour atteinte à la sûreté de l'�?tat.

Ce jugement pour une affaire de spoliation immobilière, qui a été révélée au public ce weekend, a été rendu mercredi par un tribunal de paix de Lubumbashi, son fief, dans le sud-est de la RDC.

La cour a donné raison à un ressortissant grec qui accuse l'opposant du président Joseph Kabila de faux et usage de faux pour l'acquisition d'un immeuble dont le plaignant estime qu'il doit lui revenir en héritage.

M. Katumbi avait quitté la RDC le 20 mai sous la menace d'un autre procès pour atteinte à la sûreté de l'�?tat, à la suite d'une enquête diligentée par le parquet général du pays sur des soupçons de "recrutement de mercenaires". 

Le ministère public a requis cinq ans de prison contre M. Katumbi, et la privation de ses droits civiques pendant cinq années supplémentaires après l'exécution de sa peine.

Mercredi matin, le président du tribunal de paix de Kamalondo-Lubumbashi a annoncé lors d'une audience la condamnation de M. Katumbi à 36 mois de détention et au versement d'un million de dollars de dommages-intérêts au plaignant et 900.000 francs congolais d'amende.

Un certain flou a prévalu sur la validité de cette condamnation dans les heures qui ont suivi l'énoncé du jugement, alors qu'un des deux autres juges du tribunal refusait de signer l'acte de condamnation, selon un journaliste de l'AFP sur place.

Mais en fin d'après-midi, le journaliste de l'AFP a vu revenir au greffe l'acte dûment signé par les trois membres de la cour.

Interrogé par l'AFP, Me Mumba Gama, avocat de l'opposant, a déploré que le juge ait finalement "signé sous la pression".

- Référendum -

Mercredi matin, un journal de Kinshasa avait annoncé avant même que la décision ne soit rendue publique que M. Katumbi, richissime et charismatique homme d'affaires de 51 ans, avait été condamné à 36 mois de prison ferme.

L'équipe de défense de M. Katumbi, qui avait récusé la compétence du tribunal, a dénoncé la rapidité de la procédure et fait part de son intention d'interjeter appel.Cet appel serait suspensif de l'exécution de la peine, qui le rend inéligible. 

Ex-allié de poids de M. Kabila, au pouvoir depuis 2001, M. Katumbi est passé dans l'opposition en septembre en même temps qu'il démissionnait de ses fonctions de gouverneur du Katanga (province du sud-est de la RDC démantelée depuis lors) et qu'il accusait M. Kabila de chercher à violer la Constitution pour se maintenir au pouvoir.

Le mandat du président expire en décembre et la loi fondamentale lui interdit de se représenter, mais la Cour constitutionnelle l'a autorisé en mai à se maintenir au pouvoir dans le cas où la présidentielle ne serait pas organisée dans les temps, ce qui paraît chaque jour un peu plus certain.

L'opposition congolaise accuse M. Kabila depuis des mois de chercher à se maintenir au pouvoir illégalement.

Pour permettre l'organisation d'"élections apaisées", M. Kabila a annoncé son intention de convoquer une "dialogue national", perçu par la majeure partie de l'opposition comme un "piège" alors que certains caciques de la majorité n'hésitent pas à parler de la nécessité d'une "transition politique" de deux à quatre ans.

Face aux refus des opposants d'"aller au dialogue", le secrétaire-général du parti présidentiel, Henri Mova, a brandi récemment la menace d'un "référendum", dans une allusion à celui qui a permis au Congo-Brazzaville voisin un changement de Constitution et la réélection du président Denis Sassou Nguesso, après plus de 32 ans à la tête du pays.

censée avoir lieu à la fin de l'année