RDC: le gouvernement veut la transparence sur ses revenus miniers

31 janvier 2013 à 10h03 par La rédaction

KINSHASA (AFP) - (AFP)

Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) tente, sous la pression des bailleurs de fonds et de la communauté internationale, de jouer la transparence sur ses revenus miniers et pétroliers afin de satisfaire aux exigences de l'Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE).

La RDC a adhéré à l'ITIE en 2005 et semble avoir beaucoup de difficultés à passer du statut de candidat à celui de membre à part entière.

"Des écarts persistent entre les paiements que les sociétés minières ont déclaré avoir versé à l'Etat et les revenus que les régies financières ont déclaré avoir perçu", a affirmé le ministre du plan, Célestin Vunabandi, lors de la remise du dernier rapport congolais à l'ITIE.

Le président Joseph Kabila, lui, estime que le pays est "en parfait accord avec les exigences de l'ITIE" quant à la transparence et la bonne gouvernance dans le secteur minier, qui d'après lui alimente le PNB congolais à hauteur de 25%.

Le chef de l'Etat s'exprimait à l'ouverture d'une conférence sur la bonne gouvernance et la transparence dans les mines, mercredi à Lubumbashi, deuxième ville du pays et capitale de la riche province du Katanga (Sud-Est).

Dans son discours, il a notamment plaidé pour la professionnalisation de la filière et contre "la fraude, la corruption et la contrebande" afin de combattre le "déséquilibre entre une activité minière en pleine expansion et la faiblesse de ses retombées économiques et sociales".

Peu avant, le ministre des Mines, Martin Kabwelulu, avait pris un arrêté ordonnant aux entreprises minières de déclarer tous leurs paiements.

D'après le rapport remis à l'ITIE en début de semaine, et qui porte sur l'année 2010, les compagnies minières ou pétrolières opérant en RDC ont payé 876 millions de dollars de taxes ou de redevances à l'Etat, 63% venant des mines et 37% du pétrole.Cinq cents sociétés minières détiendraient des licences d'exploration et de production mais seules huit d'entre elles assureraient 73% des revenus miniers et 5,97% des revenus pétroliers.

La production pétrolière, selon une source économique occidentale, est d'environ 25.000 barils/jour, dont 15.000 offshore, opérée par une société française.D'autres revenus viennent de contrats de partage de production signés il y a plusieurs années avec l'Angola, a-t-on appris au parlement à l'occasion du débat sur le budget à venir.

La production minière, elle, est plus documentée.Une source occidentale qualifiée estime que 454.431 tonnes de cuivre ont été produites en 2012 en hausse de 28% par rapport à 2011.Le président Kabila a évoqué mercredi 620.000 tonnes produites l'année passée.

D'autres matières premières dont le cobalt, qui résulte de l'extraction du cuivre, concourent à ces revenus miniers même si les cours sont très dépendants de la production mondiale.

Les métaux plus rares, tels que le coltan ou la cassitérite, très recherchés dans la haute technologie et dont l'extraction alimente nombre de groupes armées dans l'Est du pays, ne sont pas comptabilisés faute de contrôle.Ces minerais étant évacués vers l'Est, notamment le Rwanda.

Les diamants comme l'or, découverts en grande partie dans des conditions artisanales par des "creuseurs", ne sont pas non plus comptabilisés même si des sociétés spécialisées tentent d'y investir.

Remplacée par d'importants groupes miniers, notamment anglo-saxons, la Gécamines, principale société nationale, fleuron de l'économie congolaise jusqu'aux années 80, renaît de ses cendres.Un de ses responsables a annoncé récemment au parlement qu'elle avait produit 35.000 tonnes de cuivre en 2012 dépassant ce seuil pour la première fois depuis 20 ans.

Mais en décembre le Fonds monétaire international (FMI) a interrompu un programme conclu en 2009 avec le gouvernement: sur six étapes qui auraient dues aboutir au versement de 561,1 millions de dollars, seules deux ont été réalisées faute d'éclaircissements sur un contrat minier.

Le contrat sur lequel le FMI avait vainement demandé des éclaircissements ce qui l'a mené à interrompre ses versements portait justement sur la vente de 25% de la Gécamines à une société basée aux Iles Vierges.