Somalie: 31 civils tués dans des combats à Mogadiscio

2 juillet 2010 à 15h45 par La rédaction

MOGADISCIO (AFP)

Trente et un civils ont été tués depuis jeudi à Mogadiscio dans de violents combats à l'artillerie lourde opposant les insurgés islamistes radicaux shebab aux forces gouvernementales et aux troupes de l'Union africaine, ont indiqué vendredi des sources hospitalières.

"Les combats ont été les pires de ces derniers mois, avec de très lourdes pertes civiles.Nos équipes médicales ont collecté les corps de 31 civils qui ont été tués dans les combats tandis que 93 autres ont été blessés", a déclaré à l'AFP le chef du service des ambulances de la capitale Ali Muse.

"La plupart des victimes ont péri dans leurs maisons, touchées par des tirs d'artillerie", a-t-il ajouté.

Jeudi, les forces gouvernementales et leurs alliés de la force de l'Union africaine en Somalie (Amisom) avaient lancé une offensive sur le front nord de Mogadiscio pour reprendre des positions concédées aux shebab en début de semaine.

Les combats se sont arrêtés vendredi en fin d'après-midi, a constaté le correspondant de l'AFP à Mogadiscio.

"Les ennemis d'Allah ont perdu la bataille.Nous avons détruit un de leur char et tué les cinq soldats à bord", a déclaré l'un des plus hauts responsables shebab, cheikh Muktar Robow.

"Nos valeureux combattants ont également tué deux éléments blancs travaillant pour une société de sécurité américaine.Ils aidaient les forces africaines", a-t-il assuré.

Les forces gouvernementales ont également affirmé avoir pris le dessus sur leurs adversaires.

"Nous avons repoussé les insurgés sur leurs anciennes positions et nos forces contrôlent à présent la plupart des districts d'Abdulaziz et de Shibis".Nous avons tué beaucoup de leurs combattants, y compris des combattants étrangers liés à Al-Qaïda", a assuré le colonel Mohamed Sugule, un responsable sécuritaire somalien.

"Les combats ont été très violents, avec des victimes dans chaque camps.Nous avons aussi un de nos véhicules blindés endommagé", a confirmé un responsable de l'Amisom sous couvert de l'anonymat.

Des habitants des quartiers situés sur la ligne de front ont confirmé la violences des combats et le nombre élevé de victimes civiles.

"Treize civils, y compris des enfants, sont morts dans un même endroit à Suqbacad.J'ai vu leurs cadavres après qu'un tir d'artillerie s'est abattu sur le bâtiment où ils avaient trouvé refuge", a rapporté à l'AFP un témoin, Muhsin Adan.

"C'était horrible.Je n'avais jamais vu plus de dix personnes mourir dans un même endroit à cause d'un tir d'artillerie", a confirmé un autre témoin Mohamed Yare.

Ces combats font suite à une offensive le 29 juin sur ce même front nord des shebab, qui avaient gagné du terrain et pris le contrôle du principal poste de police de la ville.

Les shebab, qui ont fait allégeance à Al-Qaïda, ont promis de renverser le gouvernement du président Sharif Cheikh Ahmed, un islamiste modéré élu en janvier 2009.

Le gouvernement somalien, soutenu à bout de bras par la communauté internationale, ne contrôle qu'une petite partie de la capitale somalienne et ne doit sa survie qu'à l'appui des 6.000 soldats burundais et ougandais de l'Amisom.

La Somalie, en guerre civile quasi-ininterrompue depuis 1991, célébrait jeudi le cinquantenaire de son indépendance.