Soudan: la création de deux conseils de transition sur la table

5 mai 2019 à 12h00 par AFP

AFRICA RADIO

Les médiateurs soudanais dans les pourparlers entre pouvoir militaire et chefs de la protestation ont proposé la création de deux conseils, dont l'un dirigé par des généraux et chargé de la sécurité du pays, a déclaré dimanche un responsable du mouvement de contestation.

Cette proposition intervient au moment où les pourparlers sur la formation d'un conseil unique sont dans l'impasse, les chefs de l'armée et ceux de la protestation divergeant sur la composition de cet organe de transition.

"Il y a une proposition (des médiateurs) d'avoir deux conseils, l'un dirigé par des civils et l'autre par des militaires", a déclaré à l'AFP Omar al-Digeir, membre de l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation qui secoue le pays depuis plus de quatre mois.

"Le conseil dirigé par les militaires sera en charge des questions concernant les aspects sécuritaires du pays", a-t-il dit, ajoutant que "les prérogatives exactes" des deux conseils n'avaient pas encore été définies.

"Aucune décision finale n'a encore été prise", a-t-il souligné.

Des divergences sont apparues entre les deux parties au sujet de la composition d'un conseil conjoint, les généraux exigeant qu'il soit majoritairement militaire, tandis que les leaders de la contestation insistent pour qu'il soit dirigé par des civils.

Un des meneurs du mouvement de protestation a exprimé dimanche son opposition à la proposition de création de deux conseils. 

"Nous sommes contre cette idée, nous ne voulons qu'un seul conseil souverain et symbolique, avec une représentation militaire", a déclaré Siddig Youssef, chef du Parti communiste soudanais, qui fait partie de l'ALC.

"Nous voulons un système parlementaire dans lequel le pouvoir serait aux mains du parlement et du cabinet", a-t-il déclaré à l'AFP. 

"L'armée ne devrait participer qu'à un organe chargé des questions de sécurité et de défense", a-t-il souligné.

Des milliers de manifestants campent toujours devant le quartier général de l'armée à Khartoum pour exiger que l'actuel Conseil militaire de transition, au pouvoir depuis la destitution par l'armée du président Omar el-Béchir le 11 avril, soit remplacé par un conseil civil.

Jusqu'à présent, le conseil militaire, composé de dix membres, a refusé de transférer le pouvoir aux civils.

Il est à ce jour impossible de déterminer si un accord sur la création de deux conseils apaiserait la colère des manifestants.